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DICTIONNAIRE DES
PERSONNAGES, INSTITUTIONS, ÉVÉNEMENTS, LIEUX ET
EXPRESSIONS DANS L’HISTOIRE LATINO-AMÉRICAINE
Élaboré par
José del Pozo. Révisé, complété et
augmenté par Claude Morin
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A-
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ALALC et ALADI
(Association latino-américaine pour le
libre-échange)
Organisme fondé en 1960, par tous les pays de
l'Amérique du sud et le Mexique, dont les objectifs
étaient d'éliminer dans 20 ans les barrières au
commerce entre les pays membres, pour en arriver à la formation
d'un marché commun. Ayant enregistré peu de
progrès, il changea de nom en 1980, pour s'appeler ALADI
(Asociación latinoamericana por la integración), qui
poursuiva les mêmes objectifs mais sans se fixer des
délais.
ALBIZÚ
Campos, José (1892-1965) Considéré comme le
leader de la lutte pour l'indépendance du Porto Rico. A partir
de 1943, il passa dix-huit années de sa vie en prison. Il fut
libéré peu avant sa mort.
ALCABALA:
impôt (de 2 à 8 %) en vigueur à
l'époque coloniale dans les Indes et
frappant la circulation d’un grand nombre de marchandises.
Prélevé par abonnement, puis directement.
ALESSANDRI,
Arturo et Jorge: hommes politiques chiliens d'idéologie
libérale, père et fils, descendants d'un immigrant
italien. Le premier (1868-1950) fut
président du pays entre 1920-1924 et plus tard en 1932-1938. Son
premier gouvernement prit fin lors d'un coup d'état militaire.
Son fils Jorge (1896-1986) fut d'abord connu comme dirigeant de la
principale industrie de papier journal du Chili, fut ensuite élu
président par les partis de la droite (1958-1964) et fut
candidat de nouvea à la présidence en 1970, s'inclinant
face à Allende.
ALLENDE,
Salvador (1908-1973) Médecin, homme politique chilien,
membre du 
parti socialiste, plusieurs fois candidat à la
présidence. Il remporta finalement l'élection de 1970,
comme candidat de l'Unité populaire.
Son projet, consistant à faire un socialisme
démocratique, réussit quelques réalisations
(nationalisation de quelques grandes mines de cuivre,
accélération de la réforme agraire,
redistribution du revenu, mais il fut toujours limité par le
fait de ne pas disposer d'une majorité au Congrès et par
la très forte opposition qu'il rencontra, à
l'intérieur et à l'extérieur du Chili, par
l'hostilité des États-Unis. Renversé et tué
par le coup militaire dirigé par Pinochet en septembre 1973
ALLIANCE
POUR LE PROGRÈS: plan pour appuyer le développement
économique et social de l'Amérique latine, lancé
par le président américain Kennedy en 1961, en
réponse au défi de la révolution cubaine. Il
offrait une aide économique aux pays qui s'engageaient à
effectuer des réformes internes (agraire, fiscale). Cette
politique fut abandonnée après 1965, ne laissant comme
réponse aux problèmes qu’un programme
contre-insurrectionnel de nature militaire et policière.
ALVARADO,
Pedro de (1485-1541) Conquistador espagnol, qui accompagna Cortés au
Mexique et dirigea ensuite des expéditions en Amérique
centrale, faisant la conquête du Guatemala actuel. Mort dans un
combat contre les Indiens
AMADO,
Jorge (1912-2001) Romancier brésilien dans la veine
régionaliste dont les ouvrages souvent truculents
décrivent le petit peuple de la région de Bahia.
Engagé politiquement pendant quelques années dans le
parti communiste, il dut s'exiler. Il dénonça la
dictature de G. Vargas
dans l'un de ses romans.
AMAZONIE:
vaste région (7 millions de kilomètrs carrés) au
coeur de l’Amérique du sud, drainée par le fleuve
Amazone, partagée entre six pays (Brésil, Venezuela,
Colombie, Équateur, Pérou et Bolivie). De climat chaud et
humide, elle est couverte par une forêt tropicale qui est
actuellement en danger par son déboisement acceleré. Elle
renferme aussi d’importants gisements miniers (or, fer,
manganèse).
ANDRADE,
Oswaldo (1890-1954)
Intellectuel brésilien, auteur du Manifeste
anthropophage (1928), une célébration sur un mode
dadaiste du métissage; il prône le cannibalisme
esthétique.
APRA
(Alliance populaire révolutionnaire américaine) Parti
fondé au Mexique en 1924 par le Péruvien Haya de la Torre et dont le
programme était axé sur l'antiimpérialisme,
l'indigénisme et la fraternité des pays
latino-américains. Ce parti subit une répression
constante de la part des militaires et n'accéda au pouvoir au
Pérou qu'en 1985, après la mort de son fondateur. Son
influence dans d'autres pays a été assez grande, au moins
jusqu'en 1960.
ARAUCANS:
nom donné par les Espagnols aux mapuche.
ARAWAKS:
ethnie qui habitait dans les Antilles, qui fut presque
entièrement décimée par l’impact de la
Conquête, en particulier par les maladies transmises par les
Espagnols. Ils connaissaient l’agriculture et habitaient dans des
villages.
ARBENZ,
Jacobo (1913-1971) Militaire guatémaltèque,
élu président en 1950, il essaya d'appliquer un plan de réforme
agraire
qui menaçait les intérêts de
l'United Fruit, mais il se heurta à l’opposition des Etats-Unis.
Il démissionna à l’instigation d’officiers au terme d’une
opération clandestine dirigée et exécutée
par la CIA en 1954. Mort en exil au Mexique
ARISTIDE,
Jean-Bertrand (né en 1953): religieux et homme politique
haïtien. D’abord prêtre salésien (jusqu’à son
exclusion, en 1988), il devint opposant à la dictature de Duvalier. Il fut
élu président en 1990 avec un vaste appui populaire, mais
l’armée le déposa en septembre 1991. Il passa une bonne
partie de son exil aux États-Unis. De retour dans son pays en
1994, il récupera le pouvoir, qu’il maintint jusqu’en 1995 et
fut de nouveau élu à la présidence en 2001. Ayant
entretenu une relation difficile avec les États-Unis, qui
hésitèrent beaucoup avant d'accepter son retour au
pouvoir, et ayant souvent été accusé de ne pas
respecter les droits de ses opposants, il fut de nouveau
renversé en 2004. Exilé, il habite aujourd'hui en Afrique
du sud
ARTIGAS,
José (1764-1850): Héros de l'indépendance de
l'Uruguay. Il lutta davantage pour la formation d'une
fédération de provinces avec une partie de l'Argentine
que pour la création d'un État national pour sa
région d'origine. Mort en exil au Paraguay où il passa
les trente dernières années de sa vie.
ASBAJE,
Juana (Sœur Juana Inés de la Cruz, 1648-1695)
Poétesse mexicaine qui se consacra à la
littérature au couvent où elle rentra très jeune.
En plus de ses mérites littéraires, elle est connue pour
avoir pris la défense du droit de la femme à s'instruire.
ASIENTO:
privilège concédé par la Couronne à
des particuliers ou à des sociétés pour importer
des esclaves noirs dans les colonies. Il fut l’un des enjeux de
la Guerre de
Succession d’Espagne au début du XVIIIe siècle. A la fin
du conflit, l'Angleterre obtint ce privilège très
convoité, qu'elle exerca entre 1717 et 1734
ASTURIAS,
Miguel Angel (1899-1974) Écrivain guatemaltèque,
auteur entre autres du roman Monsieur le président, sur
la dictature de Manuel Estrada Cabrera. Il remporta le Prix Nobel de
littérature en 1967
ATAHUALPA
(1500?-1533) Douzième et dernier empereur inca, à la
suite d’une guerre civile contre son demi-frère Huáscar.
Capturé par Pizarro, il lui fit livrer une imposante
rançon, puis fut étranglé après avoir
accepté de se convertir au catholicisme. Son souvenir est
demeuré vivant chez les peuples andins, certaines
légendes parlant de son retour.
AUDIENCIA:
organisation collégiale en Amérique coloniale espagnole,
qui seconda le vice-roi ou le gouverneur dans l’administration, ayant
des prérogatives d’ordre judiciaire et administratif et
territoire sur lequel elle exerce sa juridiction. Les 13 audiencias de
1800 servirent de cadre à la naissance de la grande
majorité des futurs États-nations dans l’espace
hispano-américain.
AYLLU:
cellule de base dans le monde andin, elle désigne un
groupe de parenté se réclamant d’un ancêtre commun.
Au Mexique précolombien, cette même institution
était le calpulli.
AZTÈQUES:
nom donné à une ethnie originaire du nord du Mexique, qui
s’établit au centre du pays après une longue migration.
Après avoir vaincu plusieurs autres ethnies et avoit fondé Tenochtitlan
ils bâtirent un empire qui englobait une bonne partie du Mexique
actuel et de l’Amérique centrale, au cours du XVe siècle.
Leur pouvoir s’effondra avec la conquête de Cortés en 1519-1522.
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B-
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BACHELET, Michelle (1950-) Présidente
du Chili, 2006-2010, première femme ayant occupé ce poste
dans l'histoire du Chili. Fille du général Alberto
Bachelet, mort en prison suite au coup d'état de 1973. Militante
socialiste, elle a été arrétée et
emprisonnée en 1975, plus tard exilée en Australie et en
Allemagne de l'Est. De retour au Chili durant la dictature, elle fut
plus tard ministre dans le gouvernement de Ricardo Lagos et fut
élue candidate à la présidence par les partis de
la Concertacion.
Durant son gouvernement, elle s'illustra pour ses politiques sociales,
améliorant les plans de pension pour les personnes
âgées et pour les femmes.
BALBOA, Vasco
Núñez de (1475-1519): Navigateur espagnol, qui
explora la côte du Venezuela et du Panama et qui découvrit
l’Océan Pacifique en 1513. En conflit avec
d'autres conquistadores,
accusé de trahison, il fut pendu
BANDA
ORIENTAL: nom donné à l’époque coloniale
à l’Uruguay actuel, à cause de sa situation
géographique, à l’Est du Rio de la Plata. Par extension,
ses habitants étaient connus comme “les orientaux”
BANDEIRA:
au Brésil colonial, expédition armée
organisée par les Portugais dont le but était de capturer
des Indiens afin de les utiliser comme esclaves. Le système se
développa surtout dans la région de Sao Paulo. Ses
membres, les bandeirantes, s'attaquaient souvent aux missions
religieuses, qui protégeaient les Indiens contre ces raids. Les
bandeirantes participaient aussi à la chasse des esclaves noirs
en fuite
BANZER,
Hugo (1926-2002): général bolivien, dictateur entre
1971 et 1978, responsable de la mort de plusieurs centaines de
personnes. Son gouvernement participa du sinistre Plan Cóndor avec d’autres
dictatures de la région. En 1979 il fut remplacé au
pouvoir par un autre dictateur, le général Luis
García Meza. Après la fin des régimes militaires,
il fonda un parti politique,et fut cinq fois candidat à la
présidence, l’emportant finalement en 1997. Atteint d’un cancer,
il ne put compléter son mandat, laissant le pouvoir à son
vice-président, Jorge Quiroga, en 2001.
BARRIOS,
Domitila (née en 1938) Femme bolivienne devenue
célèbre dans les années 1970 à la suite de
son témoignage sur les conditions de vie dans la région
minière. Auteure d'un livre devenu classique où elle
raconte sa propre vie, Si on me donne la parole...
BARROS
de Chamorro, Violeta (née en 1929) Éduquée aux
États-Unis, elle épousa en 1950 Joaquín Chamorro,
propriétaire du quotidien La Prensa de Managua et
opposant de la dictature de Somoza. Après l’assassinat de son
mari, elle devint l’une des figures importantes de l’opposition
antisomociste. À la chute de la dictature, elle fut l’un des
membres de la Junte qui collabora avec les sandinistes au pouvoir, mais
elle démissionna de son poste dès 1980. En 1990, elle fut
élue présidente à la tête d’une coalition
antisandiniste, devenant la première femme en Amérique
latine à être portée au pouvoir par la voie des
urnes. Elle s’appliqua à défaire les réalisations
de la révolution sandiniste.
BATTLLE
y ORDÓÑEZ, José (1856-1929) Président
de l'Uruguay à deux reprises
au début du XXe siècle. Auteur d'une importante
législation sociale en faveur des travailleurs et des secteurs
moyens, il jeta les bases d’un État-providence.
BELLO,
Andrés (1781-1864):Intellectuel né au Venezuela, qui
vécut la plupart de sa vie au Chili. Il contribua à la
formation des principales institutions du pays: il rédigea le
Code civil et fut le premier recteur de l’Université du Chili.
Idéologiquement plutôt conservateur, Il laissa une
vaste oeuvre juridique, philologique et littéraire, dont
l’influence se fit sentir dans plusieurs pays.
BETANCOURT, Ingrid (1961-
) Fille d'un diplomate, devint célèbre pour avoir
été enlevée par la guérilla des FARC en
2001, alors qu'elle était candidate à la
présidence de la Colombie. Durant sa captivité, elle
devint le symbole des prisonniers enlevés par la
guérilla. Fut libérée dans une opération
très médiatisée par l'armée, en mars 2008.
Actuellement, elle déclare avoir abandonné la politique.
BETANCOURT, Rómulo (1908-1981)
Homme politique
vénézuelien, qui s'opposa à la dictature de Gómez
dans sa
jeunesse. Fondateur du parti Action démocratique, l'un des plus
importants de son pays, gouverna deux fois son pays, d'abord comme
président d'une Junta de gouvernement entre 1945-1948 et plus
tard comme président entre 1959-1964. Considéré
trop à gauche par les militaires, qui le renversèrent en
1948, dut affronter la guérilla d'inspiration marxiste durant sa
deuxième présidence.
BLEST,
Clotario (1899-1991) Syndicaliste chilien d'inspiration
chrétienne de gauche, leader de la première organisation
des employés publics dans les années 1940, puis premier
président de la centrale unique des travailleurs (CUT) entre
1953 et 1961.
BOLíVAR,
Simón (1783-1830) Libérateur de son pays natal, le
Venezuela, ainsi que
de cinq autres pays voisins (Colombie, Panama,
Équateur, Pérou, Bolivie). Il lança aussi
l'idée d'une fédération continentale des nouveaux
États, qui fut discutée lors du Congrès
de Panama en
1826. Le personnage le plus influent de l'histoire
latino-américaine depuis l'indépendance. Mort en exil en
Colombie.
BOTERO,
Fernando (né en 1932) Peintre et sculpteur colombien.
Inspiré des peintres de la Renaissance, il entreprend vers 1956
de dilater les volumes. Les rondeurs des objets deviendront sa
signature en peinture, puis en sculpture. Il partage sa vie entre
l’Europe et la Colombie.
BUCARELI
y URSúA, Antonio MarÍa (1717-1779) D'abord gouverneur
de Cuba, puis vice-roi du Mexique entre 1767-1779, il s'occupa des
ouvrages de défense militaire des ports. Considéré
comme l'un des meilleurs administrateurs du vice-royaume.
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C-
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CABEZA
DE VACA, Alvar Núñez (1490 -1557 ): Conquistador
espagnol, qui explora une vaste région appartenant aujourd’hui
aux États-Unis, de la Floride jusqu’à la Californie. Il
fut par la suite gouverneur du Paraguay. Il laissa des longs
récits de ses voyages, qui constituent d’importantes sources
pour la connaissace des indigènes des régions qu’il
parcourut.
CABILDO:
conseil municipal dans les Indes, principal lieu de pouvoir pour
les élites locales. Les communautés indigènes
avaient aussi leur cabildo.
CACIQUE:
mot d'origine amérindienne (arawaks), il désigne
à partir de l'indépendance un chef disposant d'un pouvoir
local. Son influence est le plus souvent associé à
la fortune et au recours à la force. Terme usuel au
Mexique, équivalent au gamonal ailleurs.
CALPULLI:
cellule économique et sociale de base en
Mésoamérique. Équivalent de l’ayllu andin.
CÁMARA,
Helder (1909-1999) Évêque brésilien de Recife,
dans la région du nord-est, connu pour ses positions de
défense des pauvres et par ses critiques contre la dictature
militaire de 1964 à 1985. Il a été proposé
plusieurs fois pour le prix Nobel de la paix.
CANO,
María (1887-1967) Syndicaliste colombienne, très
active dans les années 1920. Fondatrice du parti socialiste.
CANTINFLAS
(Mario Moreno,1913-1993) Acteur mexicain, rendu célèbre
en toute l'Amérique latine par ses films pour lesquels il
créa un personnage à la fois drôle et soucieux du
sort des pauvres.
CARAÏBES
ou CARIBES: ethnie qui habitait dans la région des petites
Antilles et dans les Guyanes. Tout comme les arawaks, ils subirent une
terrible mortalité suite à l’arrivée des Espagnols
et aujourd’hui leurs traces se trouvent seulement dans la toponymie de
la région.
CÁRDENAS,
Lázaro (1895-1970) Général
révolutionnaire et président du Mexique
entre 1934 et 1940, rendu célèbre par la
nationalisation du pétrole en 1938 et par son appui à la
réforme agraire. Son fils Cuauhtémoc a été
candidat à la présidence en 1988 à la tête
d'une coalition de partis de la gauche; le parti officiel ne conserva
le pouvoir que grâce à une vaste fraude électorale.
À nouveau candidat présidentiel en 1994, sans
succés, il fut
élu maire de Mexico en 1997.
CARDOSO,
Fernando Henrique (né en 1925) Sociologue brésilien,
l'un des principaux représentants de la "théorie de la
dépendance". Actif aussi en politique, il critiqua la dictature
militaire de son pays pendant les années 1970. Élu au
sénat pour l'opposition, devenu président en 1994 et
réelu en 1998
CARPENTIER,
Alejo (1904-1980): Écrivain cubain, dont l’oeuvre
reflète l’influence de la tradition africaine, créateur
du “merveilleux réel”, repris par García
Márquez. Il écrivit plusieurs romans historiques,
parmi lesquels figurent Le Royaume de ce monde et Le
Siècle des Lumières.
CASA
DE CONTRATACIÓN: maison du commerce établie
à Séville en 1503, déplacée à Cadix
en 1717, régissait le commerce entre l’Espagne et les Indes,
contrôlait les départs et arrivées des flottes,
accordait des permis d’embarquement, organisait l’escorte des convois,
prélevait les impôts sur les marchandises. Abolie en 1790.
CASAÚS
y TORRES, Ramón (1765-1845) D'origine péninsulaire,
archevêque du Guatemala à l'époque de
l'indépendance à laquelle il s'opposa. Expulsé
à Cuba.
CASTA:
(sang mêlé) personne issue d’un métissage,
généralement soupçonnée d’avoir un
ascendant d’origine africaine ou d’être de naissance
illégitime.
CASTAS,
Guerre des: importante rébellion des Indiens maya dans la
région du Yucatan au milieu du XIXe siècle, qui se
prolongea durant plusieurs années.
CASTRO,
Fidel (né en 1926) Fils d'un fermier aisé, avocat et
homme politique cubain, il dirigea l'assaut contre la caserne Moncada
en 1953; capturé, il transforma son procès en une
dénonciation des maux dont souffrait Cuba, dirigea la lutte
contre Batista, puis le processus révolutionnaire à
partir de 1959. En 2006 il tomba malade et s'éloigna du
pouvouir, laissant le gouvernement à son frère
Raúl Castro, mais il reste encore actif.
CASTRO,
Josué de (1908-1973) Anthropologue brésilien, rendu
célèbre mondialement par ses études sur le
problème de la faim. Pendant la dictature militaire
inauguré en 1964, il dut s'exiler. Mort en France.
CAUDILLO:
mot qui désigne un chef politique qui exerce le pouvoir sur
l'ensemble d'un pays ou au moins sur une région, qui
accède à ce pouvoir généralement par la
force et qui gouverne sur la base de son charisme personnel. Ce type de
politicien domina la politique latino-américaine au 19e
siècle, mais il fut aussi présent au 20e
CELAM
(Conseil épiscopal latino-américain) Fondé
à Rio de Janeiro en 1955 par les évêques des divers
pays de la région et devenu un lieu de discussion sur les
problèmes sociaux et religieux de l'Amérique latine.
CEPAL
(Commission économique pour l'Amérique latine)
Créée en 1948 à la suite de l'initiative de l'ONU
en vue de promouvoir le progrès économique de la
région. Inspirée en grande partie par l'Argentin Raúl Prebisch,
la CEPAL a encouragé l'industrialisation et l'intégration
des pays latino-américains.
CHACO:
plaine située au centre de l’Amérique du sud,
partagée entre la Bolivie et le Paraguay, qui fit l’objet d’un
sanglant conflit entre ces deux pays entre 1932-1935, dont l’issue fut
favorable au Paraguay.
CHAN-CHAN:
l’une des plus anciennes villes précolombiennes, située
au nord du Pérou, sur la côte, qui fut la capitale de
l’empire du Chimú entre le IXe et le XV siècle.
CHAPETÓN:
ce mot plutôt péjoratif s'appliquait aux Espagnols
qui arrivaient en Amérique espagnole pendant l'époque
coloniale. Valable surtout en Amérique du Sud; en
Mésoamérique on lui préfère GACHUPIN. Au
Brésil, on disait REINERO (originaire du Royaume).
CHÁVEZ,
Hugo (né en 1944) Militaire
vénézuélien, il tenta en 1992, alors qu’il
était colonel, tenta de s’emparer du pouvoir par un coup
d’État qui échoua. Il justifia son action en affirmant
que le pays était gouverné par des politiciens corrompus.
Après deux ans en prison, il fut amnistié. Devenu un
personnage populaire, il créa son propre parti, celui de la 5e
République, et gagna haut la main l’élection
présidentielle de décembre 1998, qui constitua une
déroute pour les partis politiques. A été
réelu plusieurs fois. Il fit approuver une nouvelle
Constitution, y intégrant des idées de Bolívar. Il gouverne le
pays dans un style qui mélange l’autoritarisme avec un discours
nationaliste et gauchisant, ne cachant pas son admiration pour Fidel Castro.
CHICHEN
ITZÁ: l’une des principales villes de la civilisation maya, située
au centre de l’état du Yucatan actuel. Elle brilla du Ve au
VIIIe siècle (durant la période dite “classique” de la
culture maya),
mais sa population la déserta pour des raisons encore mal
connues et la ville resta abandonnée.
CÍCERO,
Romao Batista (1844-1934) Prêtre brésilien dans le
village de Juazeiro (nord-est), rendu célèbre dans toute
la région à cause des miracles qu'on lui attribuait. L'un
des personnages les plus populaires du pays; ses partisans lui
érigèrent une énorme statue en 1969.
CIENTÍFICOS: terme
qui servait á désigner les ministres du dictateur
mexicain P.Diaz.
Il s'agissait d'intelectuels adeptes des idées positivistes et
socialdarwinistes, qui croyaient au progrès et à l'ordre
CIMARRÓN:
à l'époque coloniale, terme désignant l'esclave
noir en fuite (le marron) ou le
bétail sauvage.
COFRADÍA:
(confrérie) organisation religieuse laïque
vouée au culte d’un saint durant l'époque coloniale. Les
membres pouvaient appartenir
à un corps de métier, à un quartier, à un
groupe socioracial. Ancêtre des sociétés de secours
mutuel et des organisations syndicales ou professionnelles.
COLÓN
ou COLOMB, Christophe (1451-1506) Il suffit ici de rappeler ses
dates de naissance et de mort. Son frère Bartolomé et son
fils Diego participèrent à la colonisation et
conquête des îles des Antilles, particulièrement en Hispaniola,
occupant des postes importants dans l’administration de cette île.
COLONO:
au Pérou, ce terme désigne le paysan indien ou
métis lié à son patron par un contrat (oral) qui
l'oblige à fournir gratuitement son travail et celui de sa
famille en échange du droit d'exploiter une parcelle de terre.
Les mots huasipunguero
en Équateur et inquilino au Chili s'appliquent
à la même situation. Forme de servage.
COMPADRAZGO:
littéralement, compérage. Coutume très
répandue dans toutes les couches de la société,
mais surtout en milieu rural et qui consiste à choisir pour
chaque enfant un parrain et une marraine parmi les personnes de
prestige de la localité et ainsi donner plus de chances de
mobilité sociale au jeune.
COMUNEROS
(rébellion des) Mouvement de protestation contre la hausse des
taxes dans le vice-royaume de la Nouvelle-Grenade (Colombie) en 1781.
Né en milieu urbain, ce mouvement fut ensuite appuyé par
les Indiens, qui réclamaient la récupération de
leurs terres. Malgré son échec, ce mouvement est
considéré comme un antécédent des
mouvements sociaux en Amérique latine. Il y eut aussi un
mouvement des comuneros au Paraguay vers 1730.
CONCERTACIÓN:
alliance des partis de centre-gauche au Chili, crée en 1988 dans
le contexte de l’opposaient à la dictature de Pinochet. Elle est
formée principalement par le parti socialiste, le parti pour la
démocratie, la démocratie-chrétienne et le parti
radical-socialdémocrate.
Entre1989 et 2006, elle a remporté toutes les élections
présidentelles, parlementaires et municipales, mais à
l'élection présidentielle de décembre 2009 elle
perdit le pouvoir au profit de la coalition de la droite,
Sebastián Piñera, tout en gardant le contròle
d'une bonne partie du Parlement
CONGREGACIÓN:
regroupement d’indigènes (sous la forme de village)
effectué par les Espagnols pour favoriser
l’évangélisation et la gestion (de la main-d’œuvre, du
tribut, etc.). Appelé aussi REDUCCION ou ALDEIA (Brésil).
CONGRÈS DE PANAMA: réunion
des représentants des anciennes colonies espagnoles,
convoquées par Bolivar afin de discuter des bases d'une
Confédération. Le congrès se tint à Panama
en juillet 1826 et ne parvint pas à des résultats
concrets. Plusieurs pays n'assistèrent pas (Chili, Argentine,
Paraguay, Bolivie) alors que Haïti ne fut pas invité.
L'idéal de l'unité latino-américaine a
été reprise plus tard par plusieurs leaders,
récemment par Chávez
au Venezuela
CONSEIL
DES INDES: institution créée en 1523 en Espagne
pour conseiller le Roi dans les affaires relatives aux royaumes
d’Amérique, elle avait la haute main sur l’administration. Un
gouvernement de papier, de plume et d’encre par des juristes.
CONSELHEIRO,
Antonio (Antonio Vicente Mendes MACIEL, 1825-1897)
Prédicateur dans le sertão brésilien, il
rassembla un grand mouvement de masse perçu comme une menace par
le gouvernement. Lui et les siens perdirent la vie dans une sanglante
répression décrite plus tard par Euclides da Cunha.
CORFO
(Corporation pour la promotion de la production) Entreprise publique
chilienne, créée en 1939, elle visait à encourager
l'industrialisation du pays et à établir un plan de
développement. Elle est considérée comme un cas
exemplaire d'intervention d'un gouvernement dans le
développement économique d'une nation.
CORONEL:
au Brésil, ce terme désigne, plus qu'un grade
militaire, les notables d'une localité,
généralement les propriétaires fonciers, devenus
les chefs politiques (CORONEIS). Équivalent de cacique.
CORREGIDOR:
à l’époque coloniale, magistrat espagnol en charge d’un
district (appelé CORREGIMIENTO). La plupart d’entre eux
abusèrent de leurs pouvoirs pour imposer aux populations
indigènes, qu’ils devaient en principe protéger, l’achat
forcé de marchandises qu’ils emportaient eux-mêmes
d’Espagne.
CORTÉS,
Hernán[do] ou Fernando (c. 1484-1547) Explorateur et
conquérant espagnol, il abandonna ses études en droit
pour venir dès 1506 aux Indes. Il entreprit en 1519 la
conquête du Mexique à la tête de 508 hommes et
d’alliés indigènes. Nommé
capitaine-général et gouverneur de la Nouvelle-Espagne en
1523, il dirigea ou envoya plusieurs expéditions explorer et
conquérir des territoires depuis la Basse Californie
jusqu’à Panama. Il dut rentrer en Espagne pour se
défendre contre ses ennemis jaloux de ses pouvoirs. Il obtint de
Charles Quint un titre de marquis, mais il ne retrouva pas ses pouvoirs
civils. Excellent stratège et bon politique, entrepreneur et encomendero,
un moment l’homme le plus riche du Mexique, Cortés connut comme
les autres conquistadors des désillusions. Cortés est le
mal aimé du Mexique, n’ayant eu droit ni à des statues ni
à des honneurs.
CRIOLLO:
en Amérique coloniale espagnole, ce terme désignait les
descendants d'Espagnols établis de façon permanente aux
Indes. Il les opposait aux péninsulaires. Au Brésil, on
disait MAZOMBO.
CRÉOLE:
langue parlée par la plupart de la population haÏtienne,
formée depuis des siècles par les influences du
français et de quelques langues africaines.
CRISTEROS
(rébellion des, ou Christiade) Soulèvement paysan dans
l'ouest et le centre du Mexique entre 1926 et 1929. Les paysans prirent
les armes contre le gouvernement, dénonçant à la
fois la politique antireligieuse du gouvernement révolutionnaire
ainsi que les injustices commises lors de l'attribution des terres.
CUAUHTÉMOC
(c. 1494-1525) Dernier empereur aztèque, neveu de Moctezuma II, il
dirigea la résistance contre les Espagnols en 1520-1521.
Capturé, refusant de révéler où les
Aztèques cachaient leur «trésor», il fut pris
en otage, puis exécuté sous prétexte qu’il
complotait pour susciter une autre insurrection contre le pouvoir
espagnol. On lui a érigé une statue à Mexico et on
a prétendu en 1948 avoir retrouvé ses restes.
CUNHA,
Euclides da (1866-1909) Ingénieur, journaliste et
écrivain brésilien aux idées positivistes. Rendu
célèbre suite à la publication de son livre Os
sertoes qui décrit le nord-est du pays et analyse le
mouvement dirigé par A. Conselheiro.
CUZCO:
ville précolombienne, située au sud du Pérou, qui
fut la capitale de l’empire des incas. En langue quechua ce nom
signifie “le nombril de la terre”. Suite à la conquête
espagnole elle devint une ville coloniale.
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D-
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DESSALINES,
Jean-Jacques (1748?-1806) Ancien esclave noir, devenu le chef de
l'indépendance haïtienne suite à l'emprisonnement de
Toussaint
L'Ouverture par les Français. Il proclama
l'émancipation de son pays le 1er janvier 1804 et devint
l'empereur Jacques Ier. Mort assassiné.
DÍAZ,
Porfirio (1830-1915) Militaire mexicain qui gouverna son pays en
dictateur éclairé entre 1876 et 1911 (sauf entre 1880 et
1884), année où il fut chassé du pouvoir par la
révolution dirigée par Francisco Madero. Durant son gouvernement
les investissements étrangers connurent une grande augmentation,
politique qu'il pratiqua avec l'appui des científicos.
Mort en
exil en France.
DI
TELLA, Guido (1892-1948): Ingénieur et entrepreneur
né en Italie, mais arrivé très jeune en Argentine,
il fonda SIAM-Di Tella, l'une des principales industries
mécaniques du pays.
DON,
DOÑA: préfixe utilisé pour s'adresser
aux personnes qui méritent un traitement respectueux. Il peut
s’employer avec le prénom, sans mention du nom.
DUARTE,
Eva "Evita" (1919-1952) Actrice argentine d'origine très
modeste, elle épousa J. Perón en 1946 et devint
l'un des piliers de son régime. Très populaire chez les
travailleurs à cause de l'ampleur de son action sociale. Morte
d'un cancer, son décès fut une lourde perte pour le
gouvernement de son mari. Elle est encore l'objet de
vénération pour ses nombreux partisans.
DUVALIER,
François (1907-1971) Médecin noir, adepte du vaudou,
élu président de
Haïti en 1957, il semblait au début favoriser une
politique sociale progressiste, mais devint vite un dictateur
rétrograde. Son fils, Jean-Claude (né en 1951), prit la
succession à sa mort et occupa la présidence
jusqu'à ce que des émeutes le contraignent à
l'exil en France.
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E-
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ENCOMIENDA:
concession de villages ou de groupes d'Amérindiens (et du
travail qu'ils pouvaient accomplir) à des conquérants (et
à des descendants) en récompense pour leur participation
à la conquête avec charge pour le
bénéficiaire (l'encomendero) de veiller à
l’évangélisation. Condamnée par les Nouvelles Lois
de 1542, l’institution jugée responsable de la destruction des
populations, persista dans certaines régions des Indes
jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.
ESCOBAR,
Pablo (1949-1993): traficant de drogue colombien, qui accumula
une enorme fortune et exerça une profonde influence sur la ville
de Medellín, où il acquit une certaine popularité
grâce à ses dons en faveur des démunis.
Arrêté, incarceré (mais dans des conditions
très favorables) il prit la fuite et il mourut dans une
fusillade avec la police. Durant plusieurs années, lui et
d’autres traficants menèrent une véritable guerre contre
l’État colombien, marquée par des actions violentes qui
causèrent la mort de dizaines de personnes et firent de
dégâts matériels considérables.
ESTANCIA:
l'une des formes du latifundio, ce terme
désigne partout la grande propriété
dédiée avant tout à l'élevage. Il est
d'utilisation courante en Argentine. Le propriétaire est
l'ESTANCIERO.
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F-
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FANGIO, Juan
Manuel (1911-1995) Coureur automobile argentin, cinq fois champion
mondial des conducteurs en formule F1 entre
1951 et 1957. Il fut enlevé quelques jours par les rebelles
cubains afin d’obtenir de la publicité dans leur lutte contre
Batista.
FARC (Forces
armées de libération de la Colombie) Groupe de
guérilla marxiste fondée
en 1964, resté actif jusqu'à nos jours, devenant ainsi le
plus ancien dans son genre en Amérique latine. Bien qu'ayant
contrôlé des portions importantes du territoire et
comptant sur une force nombreuse (environ 15,000 combattants) n'a
jamais ménacé sérieusement le pouvoir. Les FARC
ont été surtout connues dernièrement pour sa
politique d'enlèvements, ce qui constitue une de ses sources de
financement. Parmi ses victimes figura
I.Betancourt, récemment
libérée.
FAVELA:
au Brésil, ce terme désigne un quartier pauvre,
constitué de taudis, avec un minimum de services urbains.
FAZENDA:
la grande propriété foncière au
Brésil. Le propriétaire est le FAZENDEIRO.
Équivalent brésilien de hacienda.
FIGUERES,
José (1907-1990) Élu trois fois à la
présidence de son pays, le Costa Rica, il supprima
l'armée afin d'éviter les coups militaires.
Réformateur anti-communiste, il dénonça la
dictature de Somoza
au Nicaragua et de Trujillo
en République Domincaine et organisa la “Légion de la
Caraïbe” pour
essayer de renverser les tyrannies de la région, tout en
recherchant l'amitié des États-Unis.
FLIBUSTIERS:
aventuriers membres d’une association de pirates qui, du XVIe au
XVIIIe siècle, écumèrent les côtes et
dévastaient les établissements espagnols
d’Amérique. Appelés aussi BOUCANIERS. Distincts des
CORSAIRES qui harcelaient les navires espagnols avec l’autorisation de
gouvernements ennemis de l’Espagne (France, Angleterre, Hollande).
FRANCIA,
José Gaspar Rodríguez de (1766-1840) Avocat
paraguayen, membre
de la première junte de gouvernement de son pays
lors du mouvement d'indépendance, il devint le maître
absolu du pouvoir de 1814 jusqu'à sa mort. Il pratiqua une sorte
de despotisme en faveur de plus pauvres, ayant distribué des
terres parmi les paysans et
limitant l'action de l'Église catholique. Son gouvernement
s'isola du reste des pays, et
Francia ne répondit pas à l'invitation de Bolivar de
participer au congrès
de Panama
FREI
Montalva, Eduardo (1911-1982) Leader du parti
démocrate-chrétien au Chili 
et président de 1964 à 1970. Son gouvernement
réalisa la première réforme agraire
véritable au pays. Il devint plus tard l'un des leaders de
l'opposition contre Allende
et favorisa le coup militaire de Pinochet en 1973. Ayant
changé d'avis, il commença à s'opposer à
la dictature, et mourut de façon suspecte en 1982, alors
qu'il récuperait d'une opération
dans une clinique à Santiago. Sa famille soutient qu'il a
été empoisonné par ordre de Pinochet. Un de ses
fils,
prenommé aussi Eduardo, fut président après la
dictature, de 1994 à 2000.
FREYRE,
Gilberto (1900-1987) Anthropologue brésilien, auteur
mondialement connu par son étude Maîtres et esclaves
(1932) sur la société coloniale de son pays. Il soutint
la thèse de la démocratie raciale au Brésil.
FSLN
(Front sandiniste de libération nationale) Alliance des diverses
tendances révolutionnaires et civiles opposées à
la dictature de Somoza
au Nicaragua, elle prit le pouvoir en 1979.
FUEROS:
privilèges juridiques dont bénéficie un
groupe particulier, dont celui d’être jugé par son propre
tribunal (le clergé, les mineurs, les militaires).
FUJIMORI,
Alberto (né en 1938) Fils d’immigrants japonais, cet
ingénieur agronome fut élu en 1990 à la
présidence du Pérou alors qu’il était un inconnu
en politique. Il exerça le pouvoir de façon autoritaire,
faisant fermer le Congrès pendant plusieurs mois en 1992. On lui
reconnaît le mérite d’avoir mis un terme au terrorisme de Sentier
lumineux
et d’avoir maté l’inflation; on lui reproche son autoritarisme,
son
recours à la corruption et sa dépendance envers son
conseiller
tout-puissant, Vladimiro Montesinos. Réélu en 1995
et en 2000, il dut quitter le pouvoir quelques mois après cette
victoire, à cause des scandales entourant son gouvernement; il
s’est exilé au Japon pour ensuite revenir au Pérou.
Actuellement en prison, trouvé coupable d'actes répressifs
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G-
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GALEANO,
Eduardo (né en 1943): Journaliste et écrivain
uruguayen, auteur de nombreux essais où il dénonce les
dictatures et l’action du capital étranger, notamment Les
veines ouvertes de l’Amérique latine, devenu un best-seller.
GALLEGOS,
Rómulo (1884-1969) Écrivain et homme politique
vénézuélien, président de son pays pendant
l'année 1948. Auteur du fameux roman Doña Barbara.
Il fut plusieurs fois candidat au prix Nobel de littérature.
GÁLVEZ,
JOSÉ DE (1729-1786) Connu pour son oeuvre comme visitador
du vice-royaume
du Mexique entre 1765-1771. Durant son mandat, il réorganisa
l'administration, encourageant l'application du commerce libre avec la
métropole et recomandant l'adoption d'un régime de
travail basé sur le salaire. Il favorisa aussi la
création des intendencias
et prit des mesures en vue d'améliorer la défense
militaire du nord du Mexique.
Son neveu Bernardo de Gálvez s'illustra comme militaire, prenant
part
à la guerre d'indépendance des États-Unis, que
l'Espagne appuya.
GAMONAL:
terme qui désigne le propriétaire terrien au
Pérou et ailleurs dans les Andes. Synonyme de cacique.
GARCÍA
Márquez, Gabriel (né en 1928) Romancier colombien, le
plus connu parmi tous les écrivains latino-américains
d'aujourd'hui, grâce entre autres à son livre Cent ans
de solitude, lequel fit connaître à travers le monde
le "réalisme magique". Très engagé politiquement
en faveur de la révolution cubaine et du sandinisme. Prix Nobel
de littérature en 1982.
GARCILASO
DE LA VEGA, Inca (1539-1616) Né d’un conquérant
espagnol (Sebastián Garcilaso de la Vega) et d’une princesse
inca (Isabel Chimpu Ocllo), baptisé Gómez Suárez
de Figueroa, il découvre 20 ans plus tard son identité
indigène en reprenant le nom de son père
précédé du nom Inca. Il parle l’espagnol avec son
père, le quechua avec sa mère. Il part étudier en
1560 à Salamanque, sert le roi dans son armée. Entre 1597
et 1604, il rédige son histoire du Pérou. Ses Commentaires
royaux sur le Pérou des Incas constitue un plaidoyer
exceptionnel sur les cultures des Andes, car il a rencontré
d’anciens conquistadores, a lu de nombreux documents et connaît
par sa mère la tradition orale de la dynastie inca.
GARDEL,
Carlos (1887-1935) Né en France (selon certains, en
Uruguay) et arrivé très jeune en Argentine, il devint le
plus célèbre chanteur de tangos de tous les temps. Mort
dans un accident d'aviation en Colombie.
GAUCHO:
l'homme à cheval du sud du Brésil, de l'Uruguay et
de l'Argentine. Il est apparu vers le XVIIIe siècle parmi la
population métisse libre, qui errait dans les campagnes sans loi
ni patron, libertés qu'il perdit progressivement à partir
de l'indépendance et surtout avec l’introduction du fil
barbelé. Au Brésil, on parle de VAQUEIRO. Au Venezuela,
on parle de LLANERO, car l’élevage se pratique dans les llanos
(plaines).
GOLPE:
coup d'État, en espagnol et en portugais.
GÓMEZ, Juan Vicente
(1857-1935) Militaire et homme politique, métis d'origine
pauvre, qui domina le Venezuela en tant que dictateur depuis 1908
jusqu'à sa mort. Il prit le pouvoir en tant que caudillo, mais
son gouvernement prit des mesures pour contrer ce type de style
politique, grâce à la création d'une armée
professionnelle. Durant son règne commença l'exploitation
du pétrole, qui lui procura d'énormes revenus. Il fit
face à divers mouvements d'opposition, dont celui des
étudiants animé entre autres par R.Betancourt
GRACE,
William Russell (1832-1904) D'origine irlandaise, il fit fortune au
Pérou avec le commerce du guano; créa ensuite la
firme Grace et Co., qui incluait des plantations sucrières et
une industrie textile. Après son départ vers les
Etats-Unis en 1860, sa compagnie continua à œuvrer au
Pérou, étendant ses activités au transport
maritime et aérien et au pétrole. Ses actifs furent
partiellement nationalisés par le gouvernement Velasco en 1968.
GUAMÁN
POMA DE AYALA, Felipe (c. 1535-c.1615) Membre d’une ethnie andine,
interprète pour le clergé péruvien, il fut le plus
important écrivain autochtone. Il écrivit une longue
lettre au roi d’Espagne qui fut retrouvée à la
Bibliothèque royale de Copenhague en 1908. Sa Primera nueva
corónica y buen govierno (un manuscrit de 1 168 feuillets et
de 398 dessins à la plume) présente une vision andine de
l’histoire, célébrant le passé
préhispanique, dénonçant les administrateurs
coloniaux et plaidant pour une meilleure société pour les
siens.
GUANO:
matière fertilisante provenant des fientes d'oiseaux
accumulées sur les îles en face de la côte
péruvienne et qui devint le principal produit d'exportation de
ce pays à partir de 1840.
GUARANIS:
ethnie qui habite dans la région limitrophe entre
l’Argentine, le Paraguay et l’IUruguay, et qui est apparenté aux
Tupis du Brésil. Leur langue est parlée
couramment par la population paraguayenne. Plusieurs d’entre eux
vécurent dans les missions des jésuites, entre le XVIIe
et le XVIIIe siècles.
GUAYASAMÍN,
Osvaldo (1919-2001): peintre équatorien, dont les oeuvres
montrent une profonde influence du courant indigéniste.
GUEVARA,
Ernesto "Che" (1928-1967) Révolutionnaire argentin, l'un des
principaux collaborateurs de Fidel Castro à Cuba pendant les
années de la guérilla. Ministre responsable de dossiers
économiques dans le gouvernement révolutionnaire, il
participa à plusieurs missions de lutte en Afrique. Tué
en Bolivie alors qu'il essayait de faire naître un mouvement
révolutionnaire, il devint en Amérique latine et ailleurs
le prototype du guérillero visionnaire.
GUTIÉRREZ,
Gustavo (né en 1928) Prêtre péruvien, l'un des
principaux fondateurs de la théologie de la libération.
GUZMÁN,
Martín Luis (1887-1876) Romancier mexicain, auteur d'une
trilogie sur la révolution dans son pays qui est
considérée comme une source indispensable pour la
connaissance de cet événement. Il connut de près P. Villa, dont il
fut l'un des collaborateurs.
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H-
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HAYA
de la Torre, Víctor Raúl (1895-1979) Fondateur de l'APRA et l'un des plus
importants politiciens du Pérou, son pays natal. Plusieurs fois
candidat à la présidence, il se heurta à
l'opposition irréductible de l'armée. Ses idées
ont influencé plusieurs autres pays et mouvements, notamment
entre 1930 et 1960.
HERNÁNDEZ,
José (1834-1886) Poète argentin, auteur de Martin
Fierro (1872) où il prend la défense du gaucho.
HACIENDA:
désigne la grande propriété foncière,
particulièrement au Mexique et en Amérique andine. Le
propriétaire s'appelle HACENDADO. On dit aussi dans certains
pays (Chili, Guatemala, etc.) FINCA (ex. ferme caféière).
HIDALGO,
Miguel (1753-1811) Prêtre mexicain qui prit les armes pour
déclencher la
lutte pour l'indépendance de son pays. Il reçut
l'appui des masses mais non celui des criollos qui prirent peur devant
le soulèvement des masses. Vaincu et arrêté par
l'armée royaliste, il fut excommunié par l'Église,
il mourut fusillé. Son combat fut repris par un autre
prêtre, José María Morelos
HIDALGO:
échelon inférieur de la noblesse castillane et
idéal social. On pouvait prétendre à la hidalguía
en raison de ses ascendants nobles (sur au moins deux
générations) ou en vertu d’un privilège royal, ce
qui commandait moins d’estime, du moins pour les deux premières
générations. La réputation sociale était
essentielle pour défendre son statut noble.
HOMENS
BONS: expression portugaise («bons hommes») pour
désigner l’élite de la société
brésilienne coloniale qui votait pour élire les membres
du conseil municipal.
HUMBOLDT,
Alexander von (1769-1859): Scientifique et voyageur allemand, qui
parcourut plusieurs pays à la fin de l’époque coloniale,
et qui laissa de très importantes études sur la flore, la
faune mais aussi sur la situation économique de
l’Amérique espagnole, qui constituent des sources historiques
incontournables.
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I-
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IBÁÑEZ,
Carlos (1877 -1960): militaire et homme politique chilien, deux
fois au 
pouvoir,la première en tant que dictateur, entre 1927
et 1931 et la deuxième, comme président
démocratiquement élu, de 1952 à 1958. Lors de son
premier gouvernement il renforça la présence de
l’État dans l’économie et fit exécuter
d’importants travaux publics, ce qui lui donna une certaine
popularité, malgré sa politique répressive. Son
deuxième gouvernement fut marqué par l’inflation et ne
laissa pas des réalisations importantes.
INCAS:
ethnie originaire possiblement de la région amazonienne, au sud
du Pérou, qui émigra vers la région montagneuse,
dans les Andes, et s’imposa aux autres peuples de la région,
formant un vaste empire, qui couvrait de l’Équateur jusqu’au
Chili central. Ce même mot était le nom donné aux
souverains de l’empire.
INQUILINO:
voir colono.
INTENDENCIAS:
réforme adoptée au dernier tiers du XVIIIe siècle
dans l'empire espagnol afin de rendre plus efficace l'administration.
Chaque colonie fut divisée en diverses régions, chacune
dirigée par un intendant, avec de vastes pouvoirs militaires,
administratifs et judiciaires, et qui remplaçait l'ancien corregidor
ITURBIDE,
Agustín de (1783-1824) Militaire créole qui lutta
d'abord contre l'indépendance au Mexique mais qui finit par
l'imposer en 1821 afin d'éviter l'influence de la
révolution libérale qui venait de triompher en Espagne.
Proclamé empereur, il dut s'exiler; capturé à son
retour, il fut fusillé.
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J-
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JAGAN,
Cheddi (1918-1997) Médecin indo-guyanais, fondateur du
premier parti pour l'indépendance en Guyane. Hostiles à
ses idées socialistes, l'Angleterre et les États-Unis lui
préférènt comme chef de gouvernement son ancien
collaborateur Forbes Burnham. Élu président en 1991.
JARA,
Víctor (1934-1973) Chanteur chilien, très
engagé politiquement avec l'Unité populaire.
Assassiné lors du coup militaire qui renversa le
président Allende.
JOBIM,
Antonio Carlos (1927-1994) Compositeur, pianiste et guitariste
brésilien, il créa la bossa nova en fusionnant la
samba, la musique classique et le jazz. «La fille
d’Ipanema» connut un immense succès international.
JUAN,
Jorge (1713-1773) Officier de la marine espagnole, auteur, avec
Antonio de Ulloa, d'un célèbre
rapport sur la situation
sociale et administrative du Pérou, les Noticias secretas de
América.
JUÁREZ,
Benito (1806-1872) Homme politique mexicain, leader du parti
libéral, auteur d'importantes lois sociales et
économiques pendant la Reforma. Le seul président
mexicain d'origine indienne.
JUNTA:
pouvoir exécutif collégial, souvent de nature
insurrectionnelle. Le terme s'appliqua en particulier au type de
pouvoir formé à l'aube du mouvement
d'indépendance, en 1810. Il désigne maintenant le groupe
des officiers qui dirigent le gouvernement après un coup
d'État.
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K-
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KAHLO,
Frida (1907-1954) Peintre mexicaine, compagne de Diego Rivera. Ses
peintures intimistes, inspirées des ex-votos,
révèlent ses états d’âme, les drames qui
peuplent sa vie. Sur un mode plus social, Autoportrait sur la
frontière entre le Mexique et les États-Unis (1932).
KEITH,
Minor Cooper (1848-1929) Homme d'affaires étatsunien, il
créa une entreprise d'exploitation bananière au Costa
Rica et au Panama. Il contrôla aussi les principales lignes
ferroviaires costaricaines. En 1899, il s'associa avec d'autres
entrepreneurs pour fonder, à Boston, la puissante United Fruit
Company, qui devint vite le plus gros propriétaire terrien dans
toute l'Amérique centrale. Au Guatemala, cette compagnie
s'opposa à la tentative de réforme agraire d'Arbenz.
KURAKA:
chef d’une communauté dans le monde andin, jadis
héréditaire.
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L-
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LABARCA,
Amanda (1886-1975) Professeure chilienne, militante du parti
radical et dirigeante du premier mouvement des femmes. Participa
activement à la lutte pour le suffrage féminin.
LADINO:
désigne le métis (ou l’Indien acculturé,
parlant l’espagnol) en Amérique centrale. On dit CHOLO dans les
pays andins.
LAM,
Wilfredo (1902-1982) Peintre cubain, fils d’un émigrant
chinois et d’une mulâtre. Il se forme en Europe au contact des
oeuvres exposées dans les musées, puis fréquente
les surréalistes; rentré à Cuba, son oeuvre se
charge des influences africaines. La Jungle est un manifeste.
LAMPIÃO
(Virgolino Ferreira DA SILVA, 1898-1938) Célèbre bandit
brésilien du sertao,
dont la vie a donné lieu à un télé-roman
très connu. Malgré sa cruauté, il recevait la
protection de la population contre la police.
LAS
CASAS, Bartolomé de (1474-1566) Ancien encomendero
à Hispaniola, entré chez les Dominicains, il fut un temps
évêque et consacra la seconde moitié de sa
vie à plaider la cause des Indiens devant la monarchie. Auteur
de nombreux livres, il défendit contre d’autres
théologiens la thèse de la liberté naturelle de
tous les hommes. Il inspira des lois avancées qui ne furent
appliquées que partiellement et occasionnellement. Les
adversaires de l’Espagne exploitèrent ses écrits, mais il
représenta la conscience de l’Espagne.
LATIFUNDIO:
le grand domaine foncier (de plus de 500 ha),
généralement sous-exploité,
caractérisé par le gaspillage de la terre.
LECHÍN,
Juan (1915-2001) Leader syndical des mineurs de l'étain en
Bolivie, il participa activement à la révolution de 1952
avec le MNR. Il se
brouilla plus tard avec ce parti, sans pour autant perdre son influence
auprès des travailleurs.
LIMPIEZA
DE SANGRE (pureté de sang): un concept socio-culturel.
En Espagne, il désignait une personne qui n’avait pas
d’ancêtres musulmans ou juifs, donc un vieux-chrétien. Aux
Indes, ce concept s’appliquait à une personne qui n’avait pas
d’ascendant indigène ou africain.
LISPECTOR,
Clarice (1925-1977) Écrivaine brésilienne d’origine
ukrainienne, dont le style introspectif, proche de Joyce et de Woolf,
est aux antipodes de la littérature régionaliste. Son
œuvre qui lui a valu plusieurs prix ignore l’intrigue au profit de
l’expérience intérieure des personnages.
LOMBARDO
Toledano, Vicente (1894-1968) Leader syndical mexicain
d'obédience marxiste. Il collabora au début avec le
gouvernement, mais finit par créer une centrale syndicale
indépendante en 1936. Plus tard, il fonda aussi un parti
socialiste et se porta candidat à la présidence en 1952,
sans succès. Créateur d'une Confédération
latino-américaine de travailleurs.
L'OUVERTURE,
Toussaint (1743-1803) Il ouvrit la voie à
l'indépendance de Haïti en dirigeant la lutte contre les
Anglais. Nommé gouverneur par la République
française, il dut affronter en 1802 l'expédition
armée envoyée par Napoléon afin de rétablir
l'esclavage. Ayant été capturé, il finit sa vie
ans une prison en France,
LULA
(Luiz Inacio da SILVA, né en 1946) Dirigeant des ouvriers de
l'automobile du Brésil, il s'illustra en dirigeant des
grèves à l'époque de la dictature militaire dans
les années 1970. Une sorte de Lech Walesa, il fonda le parti des
travailleurs et après deux tentatives ratées, il devint
président du Brésil en 2002, ayant été
réelu en 2006. Il finit sa présidence avec un taux
très élevé de popularité, grâce
surtout au succès de ses programmes sociaux pour combattre la
pauvrété
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M-
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MACHU-PICCHU:
centre urbain inca, situé près de Cuzco, dont l’existence avait
été oubliée suite à la conquête
espagnole. Il fut rédecouvert par l’archéologue
américain Hiram Bingham en 1911 et est considéré
aujourd’hui comme une des plus importants témoignages de la
culture précolombienne.
MADERO,
Francisco (1873-1913) Membre d'une riche famille du nord du
Mexique, il prit la tête de l'insurrection contre la dictature de
P. Díaz en
1910. Elu président en 1911, il dut faire face au
mécontentement des paysans dirigés par Zapata et aux partisans de
l'ancien dictateur; il fut renversé et assassiné par ces
derniers, avec la complicité des militaires et de l'ambassadeur
des États-Unis.
MADRID, traité de (1750)
Signé entre l'Espagne et le Portugal, ce traité comporait
la reconnaissance officielle de l'expansion du Brésil
au-delà des frontières établies par le
Traité de Tordesillas de 1492. De plus, le Portugal obtenait la
domination de la région des missions des jésuites
situées sur le fleuve Uruguay. L'Espagne obtint la
reconnaissance de sa domination sur l'emboichure du Rio de la Plata
MAGALHAES,
Benjamin Constant Botelho de (1836-1891) Éducateur et
militaire brésilien, l'un des principaux représentants du
positivisme dans son pays et dirigeant du mouvement républicain
qui mit un terme au gouvernement monarchique en 1889.
MALINCHE
(c.1504-1527) Fille d’un cacique indigène, devenue doña
Marina par le baptême, elle fut la maîtresse,
l’interprète et la conseillère de Cortés,
une
auxiliaire importante dans la conquête du Mexique, notamment pour
les stratégies d’alliances. Certains ont voulu voir dans
sa collaboration une trahison de ses origines. Aussi le malinchismo
désigne-t-il au Mexique une propension à
préférer ce qui est étranger.
MALOUINES: archipel
situé dans l'Atlantique sud, à quelque 400 kms. à
l'est de la côte argentine. Occupé successivement depuis
le XVIIIe siècle par les Espagnols, les Français et les
Anglais. Ces derniers s'y installèrent définitivement en
1833 et ont gardé les îles malgré les protestations
de l'Argentine, qui revendique ce territoire. Cette revendication mena
à une guerre non déclarée entre l'Argentine et
l'Angleterre entre les mois d'avril et juin 1982, remporté par
les Britanniques, qui les désignent sous les nom de Falkland.
MANCO
CAPAC: Fondateur légendaire de l’empire des incas, qui
aurait vécu au XIVe siècle
MANUELAS:
Mouvement féministe péruvien, fondé en 1978,
qui œuvre dans les milieux populaires en vue de défendre les
droits de la femme. Elle emprunte son nom à un personnage fictif
(Manuela Ramos).
MAPUCHE:
ethnie qui habite la région centre-sud du Chili, connue aussi
sous le nom d’araucans.
Ils furent un des peuples qui résista victorieusement à
la conquête espagnole, et maintinrent leur autonomie même
après l’indépendance du Chili, jusqu’en 1881, alors
qu’ils furent soumis par l’armée chilienne, equipée avec
des armes modernes. Ils constituent aujourd’hui la principale ethnie
chez les autochtones du Chili, avec une population d’environ un
demi-million de personnes, dont la moitié vit dans les grandes
villes du pays.
MARADONA,
Diego (né en 1960) Joueur de soccer argentin,
considéré comme le meilleur au monde après la
retraite de Pelé.
Après avoir mené l'équipe nationale de son pays
à la conquête de la coupe du monde en 1986, il succomba au
culte de vedettariat, à l'argent, à la drogue. Ayant
refait sa santé, il occupa le poste d'entraîner de
l'équipe nationale de l'Argentine lors du Mondial de 2010.
MARCOS,
Sous-commandant (Rafael Sebastián Guillén Vicente,
né probablement en 1957) Principal leader du mouvement connu
comme l’EZLN (Armée zapatiste de libération nationale),
laquelle surgit dans l’état du Chiapas, dans le sud du Mexique,
pour défendre les droits des indigènes. Le mouvement se
fit connaître le 1er janvier 1994, date de la mise en vigueur des
accords de l’ALÉNA, en protestation contre
cette politique qui
ne tenait pas compte des indigènes dans la nouvelle
économie internationale. Au début, l’EZLN mena des
actions armées, mais très vite elle devint un mouvement
social qui basait sa stratégie sur la communication et sur
l’opinion publique, afin de forcer le gouvernement à
négocier avec les paysans. Marcos devint l’un des personnages
les plus en vue de l’Amérique latine à la fin du
siècle, mais il est disparu de la scène dans les
années 2000.
MARIÁTEGUI,
José Carlos (1895-1930) Écrivain et homme politique
péruvien, il fut l’inventeur d’un style
d’«intellectuel» qui fera école au niveau
continental : sa manière de s’insérer
simultanément dans le monde des idées et dans la vie
collective, en fuyant tous les ghettos (ceux des journalistes, des
universitaires et des politiciens) et en reliant entre eux les moyens
d’expression (fondant un journal culturel, un journal syndical et une
maison d’édition), les méthodes (un marxisme non
dogmatique influencé par la tradition idéaliste
italienne, de Croce et de Gramsci) et les masses. Il fut un marxiste
schismatique.
MARS,
Jean Price (1876-1969) Intellectuel haïtien, défenseur
des valeurs de la culture noire et de la langue créole.
MARTÍ,
Farabundo (1898-1932) Révolutionnaire salvadorien, membre du
parti communiste. Il collabora pendant quelque temps avec Sandino au
Nicaragua. Tué lors de la grande rébellion paysanne qu'il
organisa dans son pays et qui échoua. Le mouvement
révolutionnaire salvadorien porte son nom.
MARTÍ,
José (1853-1895) Héros national de Cuba.
Écrivain et homme politique, qui vécut dans plusieurs
pays latino-américains et aussi aux États-Unis, gagnant
sa vie dans le journalisme. Il prit la tête du mouvement de lutte
pour
l'indépendance contre les Espagnols, rassemblant des forces en
exil, puis dirigeant la lutte dans l'île. Il fut tué au
début de la campagne militairde la guerre qui mena finalement
à l'indépendance de Cuba, mais sous la tutelle des
États-Unis, qui se melêrent du conflit.
MARTÍNEZ
DE HOZ: nom d'une famille de riches propriétaires
terriens argentins, qui pendant plusieurs générations ont
figuré parmi les plus grandes fortunes dans leur pays et
occupé des postes clés dans les associations patronales.
Le dernier, José Alfredo (né en 1925), fut ministre des
Finances pendant la dictature militaire, entre 1977 et 1981.
MATANZA:
littéralement, tuerie. Gigantesque massacre au Salvador, en
1932, perpetré par l’armée contre des paysans qui
menaçaient de se lancer en rébellion pour protester
contre leurs conditions de vie. On calcule que entre 20 et 30 000
personnes furent tuées.
MATE
(HIERBA): plante du Paraguay et de l'Argentine, consommée
sous forme d'infusion dans plusieurs pays de l'Amérique du sud.
MAUÁ,
baron de (Irineu Evangelista de SOUSA, 1813-1889) Banquier
industriel brésilien, fondateur de la Banque du Brésil,
du premier chemin de fer au pays et d'une entreprise de navigation
à vapeur sur l'Amazone.
MAYAS:
nom donné au peuple qui habitait au sud du Mexique et dans une
partie de l’Amérique centrale (Guatemala, Salvador) à
l’époque précolombienne et dont les descendants
continuent à habiter dans cette région. Ils ne
constituent pas un peuple homogène, car ils parlent plus d’une
vingtaine de langues. À l’époque précolombienne,
ils formèrent d’importants centres urbains et
développèrent une culture rafinée, qui incluait
l’écriture, mais ils ne constituèrent pas un
véritable empire.
MCCA
(Marché commun centre-américain) Fondé en 1959 par
les six pays de cette région, sous les auspices de la CEPAL. Il a
contribué à augmenter les échanges commerciaux
entre les pays membres et à promouvoir dans une certaine mesure
l'industrialisation.
MEIGGS,
Henry (1811-1877) Entrepreneur étatsunien, il dirigea les
travaux de construction du réseau ferroviaire péruvien
dans les Andes. Il avait construit d'autres chemins de fer au Chili.
MEMCH
(Mouvement pour l'émancipation de la femme chilienne)
Fondé d'abord vers la fin des années 1930 par des femmes
proches des partis de la gauche afin d'obtenir le droit de vote, ce
mouvement finit par disparaître après 1950. Dans les
années 1980, un mouvement portant le même nom a
été formé.
MENCHÚ,
Rigoberta (née en 1959) Militante quiche du Guatemala,
ayant subi le racisme, puis l’assassinat de plusieurs proches,
contrainte à l’exil, elle devint une figure de proue des
revendications indigènes en Amérique. Son
témoignage, Moi, Rigoberta Menchu, a eu une
résonance internationale. Prix Nobel de la paix en 1992, elle
déclare: "On ne peut concevoir un Guatemala démocratique,
libre et souverain, sans que l'identité indigène se fasse
sentir dans tous les aspects de l'existence nationale.". Élue au
parlement guatémaltèque.
MENEM,
Carlos Saúl. Né en 1930, en Argentine, au sein d’une
famille d’immigrants musulmans syriens. Converti au catholicisme, cet
avocat membre du parti péroniste fut gouverneur de la province
de La Rioja, dans le nord-ouest du pays, entre 1973 et 1989. Élu
président en 1989, il fut réélu en 1995. Durant
ses deux mandats, il appliqua une politique très
éloignée du péronisme d’antan, en imposant des
réformes favorables à la privatisation de
l’économie. Avec son ministre Domingo Cavallo, il imposa la
parité du peso avec le dollar afin de contrôler
l’inflation. Il a fait l'objet de plusieurs enquêtes,
accusé d’enrichissement illicite, qui n'ont cependant rien
donné.
MERCOSUR:
traité commercial entre l’Argentine, le Brésil, le
Paraguay et l’Uruguay, en vigueur depuis le 1er janvier 1995, qui vise
la formation d’un marché commun entre les pays membres. Le Chili
et la Bolivie participent de cette organisation avec un statut
particulier. Dernièrement, le Venezuela est devenu aussi un pays
membre. Le Mercosur joua un rôle important dans l'opposition au
projet de la ZLÉA,
aujourd'hui abandonné
MÉTIS
(MESTIZO): descendant d'un Blanc et d'un Amérindien.
Les métis en sont venus à former le gros de la population
dans la plupart des pays d'Amérique latine.
MINIFUNDIO:
très petite exploitation foncière (bien
inférieure à 5 ha, sinon à 1 ha), laquelle permet
à peine de nourrir la famille de l’exploitant, tantôt
propriétaire, ou souvent locataire (contre une rente).
MIRANDA,
Francisco de (1750-1816) Pionnier de l'indépendance de son
pays natal, le Venezuela. Il fréquenta les cours d'Europe en
quête d'appuis. Il monta en 1806 une expédition
armée pour libérer son pays. Il participa à la
guerre d'indépendance à côté de Bolívar, mais fut emprisonné
par les Espagnols et mourut
en prison.
MISTRAL,
Gabriela (Lucía GODOY Alcayaga, 1889-1957) Poétesse
chilienne, elle remporta le prix Nobel de littérature en 1945.
Elle séjourna plusieurs années au Mexique, où elle
appuya les plans d'éducation lancés par Vasconcelos.
MITRE,
Bartolomé (1821-1906): Homme politique et militaire
argentin, premier président de son pays après son
unification, entre 1862 et 1868. Il fonda le quotidien La
Nación, l’un des plus connus dans son pays, et fut en
même temps un des premiers historiens de l’Argentine. Sous son
gouvernement, l’Argentine se lança à la guerre de la Triple alliance
contre le Paraguay.
MITA:
sorte de corvée rotative en vigueur dans l’empire inca et
reprise par les Espagnols. Des membres de communautés devaient
à tour de rôle aller travailler pour des entreprises
espagnoles. Les mines (dont celles de Potosi) furent les grandes
bénéficiaires de ces prestations. Le MITAYO recevait un
salaire bien inférieur à celui du travailleur libre.
MNR
(Mouvement nationaliste révolutionnaire) Parti politique
bolivien aux idées nationalistes et réformistes,
formé dans les années 1930. Dirigé au
départ par des dirigeants issus de la petite bourgeoisie, il
obtint par la suite l'appui des mineurs de l'étain et put ainsi
triompher lors de la révolution de 1952.
MOCTEZUMA
II (1480?-1520) Moctecuhzoma (en nahuatl) Empereur aztèque,
il accueillit Cortés
comme s’il s’agissait du dieu-roi Quetzalcoátl. Capturé
par les Espagnols, il fut lapidé par la foule alors qu’il
tentait, à la demande de Cortés, de calmer une
insurrection.
MONTONEROS:
mouvement de guérilla issu de la gauche péroniste
en Argentine dans les années 1970. Au XIXe siècle, ce
même mot désigna les formes armées
irrégulières des caudillos de province qui se
battaient contre le gouvernement.
MORALES, Evo (1959-
) Leader syndical bolivien, élu président de son
pays en 2005 et réelu en 2009. Premier président
d'origine indigène a avoir gouverné ce pays. Il a
reformé la constitution et a fait approuver diverses lois en
faveur des indigènes, comme la réforme agraire, et des
plus pauvres en général. Sa nationalisation des
hydro-carbures, qui força les compagnies
étrangères à s'associer avec le gouvernement, fit
augmenter de façon significative les revenus encaissés
par l'État. Avec Chávez, il
constitue l'un des leaders de la "nouvelle gauche"
sudaméricaine, même si il ne remet pas en cause
l'existence de la propriété privée.
MORAZÁN,
Francisco (1792-1842) Militaire et homme politique hondurien, 
président de l'éphémère
confédération centre-américaine entre 1830-1839.
Mort fusillé alors qu'il essayait de recupérer le pouvoir
et de reconstruire la confédération.
MOREAU,
Alicia (1886-1986 ): née en Angleterre de parents
français, elle arriva très jeune en Argentine avec sa
famille. Son père avait participé à la Commune de
Paris. Elle milita dans les rangs du parti socialiste et travailla
beaucoup en faveur des droits de la femme. Fut l’épouse de Juan
B.
Justo, leader du PS. Durant la dictature militaire de Videla, malgré
son
âge, elle appuya les groupes de droits humains et s'opposa
à la Guerre des Malouines
MORELOS,
José María (1765-1815) Prêtre mexicain, devenu
le leader du mouvement d'émancipation à la mort d'Hidalgo. Il
préconisait d'importants changements sociaux, tels que
l'abolition de l'esclavage. Fusillé par les Espagnols.
MOSQUERA,
Manuel José (1800-1853) Archevêque de Bogotá
(Colombie), il livra une longue bataille contre le contrôle que
l’État voulait imposer à l'Église après
l'indépendance, en utilisant la notion du patronato. Exilé, il mourut
en France.
MOUVEMENT
26 JUILLET: créé à Cuba après la
tentative d'assaut contre la caserne Moncada en 1953, cette
organisation rassembla tous les opposants à la dictature de
Batista qui suivait F. Castro comme leader.
MOYANO,
María Elena (1958-1992) Dirigeante communautaire du
bidonville Villa El Salvador, en banlieue de Lima, où elle se
fit connaître par son programme de distribution de lait pour les
enfants. Élue adjointe au maire, refusant de collaborer avec Sentier
Lumineux, elle fut assassinée par ce groupe armé en
1992.
|
N-
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NAHUATL:
langue parlée par les aztèques et qui est
aujourd’hui une des langues importantes des autochtones mexicains.
NAIPAUL,
Vidiadhar Surajprassad (né en 1932): écrivain
trinidadien d’origine indienne,édiquée en Angleterre,
auteur de plusieurs romans. Il a remporté le Prix Nobel de
littérature en 2002.
NERUDA,
Pablo (Neftalí Ricardo REYES, 1904-1973) Poète
chilien, sûrement le plus connu de l'Amérique latine, prix
Nobel de littérature en 1971. Il participa aussi activement
à la politique comme communiste; pendant le gouvernement Allende, il occupa
le poste d'ambassadeur en France. Décédé d'un
cancer quelques semaines après le coup d'état
NEW
JEWEL MOVEMENT: mouvement pour le bien-être,
l'éducation et la libération, fondé par Maurice
Bishop en Grenade. Après d'être saisi du pouvoir en 1979,
le NJM entretint des relations très amicales avec Cuba, ce qui
suscita la méfiance des États-Unis. L'assassinat de
Bishop en 1983 fournit au gouvernement US le prétexte pour
occuper militairement l'île.
NORTH,
John Thomas (1842-1896) De condition modeste, cet Anglais
arrivé d'abord au Pérou, puis immigrant au Chili, amassa
une énorme fortune grâce aux gisements de salitre qu'il
acheta à vils prix pendant la guerre du Pacifique entre ces deux
pays. Il devint par la suite le propriétaire des chemins de fer
dans le nord chilien et le fondateur d'une banque à Londres.
Surnommé "le roi du salitre".
NOUVELLE-ESPAGNE:
à l’époque coloniale, nom donné au Mexique et par
extension, à toute la région (Amérique centrale,
la Caraïbe) incluse dans le vice-royaume dont la
capitale était Mexico.
NOUVELLE-GRÉNADE:
nom donné au vice-royaume crée en 1739 par les
Espagnols, qui englobait la Colombie, le Venezuela et l’Équateur
actuels.
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O-
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OBRAJE:
atelier ou manufacture utilisant une main-d'œuvre
(indigène) servile, sur un mode carcéral, à
l’époque coloniale en Amérique espagnole.
OÉA
(Organisation des États américains): Fondée
à Bogotá (Colombie) en 1948, comme reformulation du
mouvement panaméricaniste, commencé en 1889. Tous les les
États latino-américains et les États-Unis y
participèrent, alors que le Canada n’ y adhéra qu’en
1990; les anciennes colonies anglaises, une fois devenues
indépendantes, en devinrent aussi membres. Elle a
été souvent critiquée pour l'influence excessive
que les États-Unis y exercent pour promouvoir leurs
intérêts et leur politique régionale.
O'HIGGINS, Bernardo
(1778-1842) Fils illégitime d'un fonctionnaire irlandais au
service du roi d'Espagne, devenu gouverneur du Chili. Devint l'un des
principaux leaders de l'indépendance de son pays natal, le
Chili, il contribua de façon décisive à la
libération du Pérou avec José de San Martín.
Mort en exil au Pérou.
OLMÈQUES:
culture établie dans la région du golfe du Mexique, entre
2000 et 500 avant J-C, la plus ancienne au Mexique.
ORTEGA,
Daniel (né en 1945) L'un des leaders de l'insurrection
sandiniste contre Somoza,
élu président du Nicaragua lors des élections de
novembre 1984, chef du FSLN depuis 1990. Vaincu aux élections de
1996 et de 2001, il récupéra le pouvoir en 2006. Son
frère Humberto fut longtemps chef de l’Armée sandiniste.
|
P-
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PACIFIQUE,
GUERRE DU: conflit armé gagné par le Chili contre la
Bolivie et le Pérou, entre 1879 et 1883. La guerre eut ses
origines dans la dispute pour le contrôle des mines de salitre,
la principale richesse minière de l’époque. Comme
conséquence de ce conflit, la Bolivie perdit son accès
sur l’Océan Pacifique.
PACTE
ANDIN: créé en 1969 par six pays de
l'Amérique du sud (Colombie, Venezuela, Équateur,
Pérou, Bolivie et Chili) afin de promouvoir l'intégration
économique de ses membres. Sa fondation témoigne du peu
de succès de l'ALALC
qui ne réussissait pas à faire l'unanimité dans
l'ensemble de l'Amérique latine. Le Chili se retira de ce pacte
en 1976.
PÁEZ,
José Antonio (1790-1873): d’origine pauvre, il participa aux
luttes pour l’indépendance de son pays, le Venezuela, et se
hissa au rang de général. Il fut le premier
président de la République, en 1830, lorsque le Venezuela
se détacha de la Gran Colombia, l’état formé avec
la Colombie et l’Équateur.
PALMARES: Établissement (quilombo)formé par des esclaves noirs en
fuite au Brésil colonial dans la région du nord-est, qui
résista durant presque un siècle (1605-1695) aux assauts
des Portugais. À son apogée, sa population atteignit
30,000 personnes
PARRA,
Violeta (1917-1967) Folkloriste
chilienne dont les recherches sur
la chanson paysanne apportèrent un renouveau à la musique
populaire de son pays. Chef de file des musiciens missionnaires de la
révolution sociale, plusieurs de ses compositions ont
été chantées à travers l'Amérique
latine. Déçue par l'accueil du public, elle se suicida.
PATAGONIE:
Vaste région dans l’extrême méridional de
l’Amérique du sud, partagée entre l’Argentine et le
Chili, qui occupe environ 800 000 kms.2. Son climat et plutôt
froid et pluvieux. Peu habitée, elle a donné lieu
néanmoins à un important élévage ovin,
surtout dans la Terre de feu.
PATIÑO,
Simón (1860-1947) Entrepreneur minier bolivien, d'origine
très modeste, il devint le plus riche propriétaire de
mines d'étain et sa fortune figura parmi les plus grandes du
monde. Ses mines furent nationalisées en 1952.
PATRONATO:
droit accordé par le Pape au roi d'Espagne (et du
Portugal: PADRONATO) pour que celui-ci pût intervenir dans la
désignation des évêques et qui lui permettait
d'exercer une surveillance sur le comportement de l'Église.
Après l'indépendance, les chefs d'État des
nouvelles nations prétendirent avoir hérité de ce
privilège pontifical.
PAZ,
Octavio (1914-1998) Poète et essayiste mexicain,
lauréat du Prix Nobel de littérature en 1990.
Écrivain engagé à gauche, il dénonça
par la suite toutes les formes d’autoritarisme; il occupa plusieurs
postes diplomatiques et fut professeur invité dans diverses
universités. Dans son essai El laberinto de la soledad: Vida
y pensamiento de México (1950), il analyse l’âme
mexicaine opposant le masque (les modèles étrangers) et
la culture (les racines autochtones). Ses écrits portent sur la
poésie, l’art, l’Inde, l’érotisme, Sor Juana.
PELÉ
(Edson Arantes do NASCIMENTO, né en 1941) Joueur de soccer
brésilien, considéré comme le meilleur de tous les
temps. Il participa à la victoire du Brésil dans la coupe
du monde en 1958, 1966 et 1970. Immensément populaire dans son
pays, il fut ministre des Sports et aurait pu passer à la
politique.
PEÓN:
ouvrier agricole qui ne possède pas de terres.
Désigne aussi un salarié manuel.
PERALTE,
Charlemagne (1886-1919) Chef du mouvement caco en Haïti contre
l'occupation militaire US. Assassiné à la suite d'une
trahison.
PERÓN,
Juan Domingo (1895-1974) Militaire argentin, élu trois fois
à la présidence
de son pays (en 1946, en 1951 et en 1973, après un
exil de 18 ans). Il pratiqua une politique sociale très
favorable aux travailleurs et posa quelques gestes nationalistes
(nationalisation des chemins de fer) sans pour autant s'attaquer
au capitalisme.
Devenu le leader des masses, il est la figure clé de l'histoire
contemporaine argentine; son influence se fit sentir dans d'autres pays.
PESO:
unité monétaire dans les Indes et, par la suite,
dans plusieurs pays d’Amérique latine. Le peso d’argent
frappé au Mexique équivalait à la fin du XVIIIe
siècle au dollar US ou à 4s. 8d. Il se divisait en huit
réaux. Il était très estimé dans le
commerce international.
PINOCHET,
Augusto (1915-2006) Militaire chilien, inconnu jusqu'en 1973 quand
il dirigea le coup d'État qui renversa le gouvernement Allende qui
l'avait nommé au poste de général en chef de
l'armée quelques semaines plus tôt. Nommé
président par les forces armées, il dut abandonner la
présidence en 1990, après l’échec d’un
plébiscite. La Constitution qu’il adopta en 1980 lui a permis de
demeurer commandant-en-chef, puis de devenir sénateur à
vie à compter de 1998. Détenu plus d’un an en
Grande-Bretagne pour crimes contre l’humanité, rentré au
Chili en 2000, il a échappé aux poursuites en raison de
son état de santé, mais dut abandonner son poste au
Sénat et en 2004 plusieurs de ses partisans
l'abandonnèrent lorsqu'on découvrit l'existence de
comptes bancaires à son nom dans des banques
étrangères. Il est décédé en
décembre 2006, sans avoit été jugé.
PIZARRO,
Francisco (1470?-1541) Conquérant espagnol et gouverneur
du Pérou (1532-1541), membre d’une famille de plusieurs
frères (Hernando, Gonzalo)
active dans la conquête de l’empire inca. Anaphabète,
implacable envers ses rivaux, il fit aussi
exécuter Atahualpa
qu’il avait fait prisonnier, malgré sa promesse de le
libérer après le paiement d'une immense rançon.
Ayant vaincu et tué son ancien associé devenu rival,
Diego de Almagro, il fut assassiné plus tard
dans son palais de Lima par les partisans de ce dernier. Ses
frères restèrent à la tête du Pérou
et s'opposèrent à l'autorité du vice-roi, ce qui
donna lieu à une guerre civile.
PLAN
CÓNDOR: Conçue sous les auspices de la police
secrète chilienne, l’opération Cóndor visait
à établir une coordination entre les services de
renseignement des gouvernements militaires du Chili, de l’Argentine, du
Brésil, du Paraguay, de la Bolivie pour éliminer les
"ennemis de l’intérieur". Il y aurait eu plus de 12 000 victimes
mortes ou disparues. Des organisations de défense des droits de
la personne parlent de 35 000 victimes.
POMBAL, Marquis de (Sebastiao José de Carvalho
e Melo, 1699-1782) Homme politique portugais, la figure dominante de
l'administration du pays et de ses colonies durant la 2e moitié
du XVIIIe siècle, et symbole de l'absolutisme. Durant sa longue
présence comme ministre (1750-1777) il prit une série de
mesures visant à rendre plus efficace l'administration coloniale
au Brésil et à augmenter les revenus de la Couronne. Il
encouragea également la production industrielle et celle de
diverses cultures. Fit expulser les jésuites du Brésil et
des domaines du Portugal, les considérant un obstacle à
ses plans et une menace pour le pouvoir royal
PORRES,
(Saint) Martin de (1579-1639) Mulâtre péruvien, fils
illégitime, il entra très jeune chez les Dominicains et
consacra sa vie aux pauvres et aux malades. Canonisé en 1962,
deux siècles après l’ouverture des démarches, il
fut la première personne de couleur à recevoir cette
distinction de la part du Vatican.
PORTALES,
Diego (1793-1837) Homme d'affaires et politicien chilien aux
idées conservatrices. On lui attribue le mérite d'avoir
doté l'État chilien d'institutions durables au lendemain
des guerres d'indépendance. Le gouvernement Pinochet le considérait
comme le principal personnage de l'histoire du Chili moderne. Mort
assassiné.
PORTEÑO:
l'habitant de Buenos Aires (ville portuaire, d’où le nom),
en Argentine.
POTOSÍ:
nom d’une ville bolivienne située au centre des Andes, à
4 000 mètres d’altitude, et surtout d’un mont (Cerro Rico de
Potosí) qui contenait de richissimes mines d’argent. La mine
s’épuisa graduellement; à la fin du XVIIIe siècle
elle avait perdu beaucoup en importance, mais pendant deux
siècles elle constitua le plus important centre minier de
l’empire espagnol.
PREBISCH,
Raúl (1901-1986) Économiste argentin, très
influent au sein de CEPAL,
connu principalement pour sa critique de la division internationale du
travail et ses effets négatifs sur les pays exportateurs de
matières premières.
PRESTES,
Luiz Carlos (1898-1990) Capitaine de l'armée
brésilienne, il participa au mouvement tenentiste
(sous-officiers) des années 1920 et devint plus tard le leader
du parti communiste.
PRI
(Parti révolutionnaire institutionnel) Parti unique de la
révolution mexicaine, fondé en 1929 sous le nom de Parti
national révolutionnaire; il adopta son nom actuel en 1946.
Structuré sur une base corporatiste, le PRI prétend
représenter les intérêts de tous les secteurs de la
société. Il est resté au pouvoir pendant plus de
70 ans, ayant
toujours gagné les élections par des moyens douteux. Les
accusations de
fraude contre lui prirent de l’envergure depuis 1988 lorsque Carlos
Salinas de Gortari fut élu président grâce à
une immense fraude. En 2000 le PRI fut enfin battu par le candidat du
Parti action nationale, Vicente Fox, et fut de nouveau défait en
2006, mais il garde une forte influence dans la politique mexicaine
PT
(Parti des travailleurs) Formation politique de gauche, crée au
Brésil au début des années 1980, dans le contexte
de la lutte contre la dictature militaire, qui est devenu l’un des
pluls importants partis politiques brésiliens et qui a en Lula son principal
leader.
PUEBLO:
désigne à la fois le peuple et le village, donc la
communauté de résidence.
PUEBLOS
JÓVENES ("villages jeunes"): Les quartiers
défavorisés urbains au Pérou. Au Chili, on parle
de POBLACIONES CALLAMPAS; au Venezuela, de RANCHOS; au Mexique, de
VILLAS MISERIA. L’équivalent de FAVELAS à Rio.
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Q-
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QUECHUA:
ethnie du Pérou ancien, dont la langue fut adoptée par
les incas, qui la transformèrent en la langue oficielle de
l’empire. Elle est parlée aujourd’hui par plusieurs millions de
personnes en Bolivie, au Pérou et en Équateur.
QUILOMBO:
au Brésil colonial, ce terme désignait les
communautés formées par les esclaves noirs fugitifs, dont
la plus connue fut Palmares. En
Amérique espagnole, on parlait de PALENQUE.
QUIROGA,
Facundo (1793-1835) Caudillo du nord-ouest de
l'Argentine et allié de Rosas. Personnage
dénoncé par Sarmiento comme étant
l'incarnation de la barbarie qui selon lui régnait en Argentine.
QUIROGA,
Vasco de (c. 1478-1565) Premier évêque du
Michoacán (Mexique). Influencé par Thomas More, il tenta
d’appliquer les idées de l’Utopie, organisant les
communautés indigènes sous la forme de villages
chrétiens avec une infirmerie, une école, des arts et
métiers, un gouvernement autonome.
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R-
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RANCHO:
propriété terrienne moyenne,
généralement exploitée par la famille, elle peut
constituer une hacienda miniature. Son exploitant est le RANCHERO.
Terme utilisé avant tout au Mexique; dans les pays andins, on
parlera de CHACRA.
RECABARREN,
Luis Emilio (1876-1924) Leader ouvrier chilien, fondateur du parti
communiste chilien ainsi que d'un grand nombre de journaux ouvriers. Il
se suicida dans des circonstances mal connues.
RÉFORME AGRAIRE: Politique
visant à redistribuer la propriété terrienne, qui
a été mise en application dans divers pays durant le XXe
siècle, d'abord au Mexique suite à la victoire de la
révolution de 1910 et plus tard par la Bolivie en 1952. Le
Guatemala d'Arbenz
fit
aussi une tentative sérieuse de réforme, qui tourna court
suite au renversement du président. Les États-Unis,
traditionnellement opposés à ce projet,
l'approuvèrent lors de l'Alliance pour le progrès,
recomandant aux chefs de gouvernement latino-américains de faire
une réforme afin d'empêcher la radicalisation de la
paysannerie pauvre. La réforme fut surtout mise en application
par le Pérou et le Chili dans les années 1960 et
début des années 1970, mais les autres pays se
contentèrent de projets assez limités. Suite à la
période dominée par les dictatures militaires et par le
néolibéralisme, le concept semblait abandonné,
mais il a repris avec Chávez et Morales,
et dans de pays comme le
Brésil, plusieurs mouvements paysans réclament son
application.
REPARTIMIENTO:
allocation de main-d’œuvre à une entreprise espagnole. Analogue
à la mita.
Ce terme désigne aussi la vente forcée de marchandises
à des indigènes par des magistrats (corregidores) associés
à des marchands.
RÍO
DE LA PLATA (littéralement: fleuve d’argent): nom
donné à la région irriguée par le
système hydrographique autour des fleuves Paraná et
Uruguay, qui sépare l’Argentine de ce dernier pays. L'embouchure
du Paraná sépare Buenos Aires de Montevideo. Par
extension, on considère le Paraguay comme faisant partie de la
région, autant pour des raisons géographiques que
historiques.
RIVERA,
Diego (1886-1957) Peintre mexicain, muraliste génial,
formé par la peinture européenne de ses contemporains et
des peintres de la Renaissance (1907-1921), puis fasciné par
l’art précolombien et la représentation des Indiens. Il
se fit connaître par ses fresques sur des thèmes sociaux
qu’il peignit sur des édifices publics au Mexique et aux
Etats-Unis. Sa fresque sur l’édifice RCA à New York fut
détruite parce qu’elle comportait un portrait de Lénine. Rêve
d’un dimanche après-midi à l’Alameda condense un pan
de l’histoire du Mexique et la vie de Diego.
RODÓ,
José Enrique (1872-1917) Écrivain uruguayen, auteur
du célèbre essai Ariel (1900) dans lequel il
critique la culture nord-américaine qu'il qualifiait de
pragmatisme brutal et vulgaire.
ROMERO,
Oscar Arnulfo (1917-1979) Archevêque de San Salvador, connu
par ses déclarations en faveur des pauvres. Assassiné en
pleine messe en 1980, à la suite d’un appel aux soldats à
désobéir à des ordres injustes. Les commanditaires
du crime, dont le major d’Aubuisson, fondateur du parti ARENA, ne
furent jamais inquiétés.
ROSAS,
Juan Manuel de (1793-1877) Riche propriétaire de
bétail de Buenos Aires, nommé gouverneur de cette
province en 1829, il exerça un pouvoir dictatorial
jusqu'à sa chute en 1852. Il livra plusieurs campagnes contre
les Indiens et incorpora de nouvelles terres à l'agriculture,
qui furent à l'origine de grands domaines. S'opposa avec
succès aux attaques de l'Angleterre et la France, qui voulaient
le forcer à ouvrir le Río
de la Plata à la navigation, action qui a
été toujours soulignée par les nationalistes.
Renversé par une coalition entre le Brésil et certaines
provinces du nord-est, il est parti en exil en Angleterre, où il
est mort.
RUGENDAS,
Johann Moritz (1802-1858): peintre allemand qui parcourut divers
pays de l’Amérique latine(Mexique, Brésil, Chili,
Argentine) laissant une vaste oeuvre de tableaux sur la vie quotidienne
et les paysages des endroits visités.
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S-
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SAÉNZ,
Manuela (1797-1856) Née à Quito (Équateur),
elle épousa
d'abord un commerçant britannique qu'elle abandonna pour devenir
la compagne de S. Bolívar,
et sa collaboratrice, lui sauvant la vie lors d'une conspiration. Mais
ils se sont séparés pour ne jamais se revoir lorsque le
Libérateur abandonna le pouvoir en 1830. En mauvais termes avec
les nouveaux dirigeants du pays, elle dut quitter la Colombie et
termina sa vie à Paita, sur la côte péruvienne.
SALITRE:
mot qui désigne les gisements de nitrate dans la
région désertique conquise par le Chili lors de la guerre
du Pacifique de 1879 et qui constitua, jusque vers 1920, le principal
produit d'exportation du Chili.
SANDINO,
Augusto César (1895-1934) Leader de la résistance
nicaraguayenne contre l'occupation de son pays par les
États-Unis entre 1927 et 1933. Assassiné sur ordre de Somoza qui le
voyait comme un adversaire sur sa route vers le pouvoir absolu. Devenu
plus tard le symbole de la révolution victorieuse de 1979.
SAN
MARTÍN, José de (1778-1850) Héros de
l'indépendance de l'Argentine, son pays natal, il contribua de
façon décisive à la libération du Chili et
du Pérou. Déçu des divisions entre les patriotes
et ne pouvant pas s'entendre avec Bolívar
sur le sort du
Pérou, et malade, il partit volontairement en France,
où il décéda.
SANTA
ANNA, Antonio López de (1794-1876): Militaire et homme
politique mexicain, l’un des plus célèbres caudillos du XIXe
siècle, qui fut au pouvoir en sept occasions, parfois suite
à un de ses nombreux coups d’état. Durant un de ses
gouvernements, le Mexique perdit Texas aux mains des
États-Unis.
SANTA
CRUZ, Andrés de (1792-1865) Militaire bolivien d'origine
métisse, créateur et président de
l'éphémère Confédération
péruano-bolivienne qui ne survécut pas à la
défaite lors de la guerre de 1837-1839 contre le Chili.
SANTAMARÍA,
Haydée (1922-1980) Avec Melba Hernández, elle
participa activement à la révolution cubaine de F. Castro et
était présente lors de l'assaut à la caserne
Moncada. Se suicida en 1980.
SANTANDER,
Francisco de Paula (1792-1840): Militaire et
homme politique colombien, l’un des leaders de l’indépendance de
son pays. Il fut vice-président alors que le gouvernement
était dans les mains de Bolívar. Il entre vite en
conflit avec ce dernier et fut accusé d’avoir preparé la
tentative d’assassinat de septembre 1828. Envoyé en exil, il
revint à la mort de Bolivar et fut élu premier
président de la Colombie, lorsque celle-ci se détacha de
l’union avec le Venezuela et l'Équateur, en 1830.
SARMIENTO,
Domingo Faustino (1811-1888) Éducateur et homme politique
argentin, devenu président de son pays en 1862. Admirateur de
l’Europe, fervent partisan de l'immigration européenne comme
moyen de développement. Auteur de Facundo, l'un des livres les plus
connus de la littérature latino-américaine, essai sur la
vie politique et sur l'action des caudillos,
qu'il dénonçait.
SENTIER
LUMINEUX (Sendero Luminoso) Mouvement de guérilla
péruvien inspiré de l'expérience de la Chine et du
Cambodge, très actif entre 1980 et 1992. Son principal foyer se
situe dans la région montagneuse du sud, l'une des plus pauvres
du pays, mais ses activités se sont étendues à
d'autres villes et régions.
SENNA,
Ayrton (1960-1994) Coureur automobile brésilien trois fois
champion du monde de Formule 1 (1988-1989-1991). Mort lors d'un
accident sur le circuit d’Imola.
SERTÃO:
désigne la région de l'intérieur du nord-est
brésilien, caractérisée par la sécheresse
qui la frappe continuellement et par la pauvreté de sa
population paysanne. Région décrite par plusieurs
écrivains, entre autres par E. da Cunha et par M. Vargas Llosa.
SESMARIA:
acte par lequel les autorités concèdent une
propriété foncière au Brésil colonial.
Équivaut à la MERCED en Amérique espagnole.
SILVA
Henríquez, Raúl (1907-1998) Cardinal de Santiago
(Chili), il appuya les réformes sociales sous la
présidence Frei,
puis se montra en général favorable au gouvernement Allende; il devint
après le coup de 1973 l'un des principaux critiques de la
dictature de Pinochet.
SOLANAS,
Fernando (né en 1936: cinéaste argentin,
réalisateur de plusieurs films très engagés
politiquement, dans lesquels il dénonça les
dictatures et la corruption dans son pays d’origine. Il s’en prit
ouvertement contre le gouvernement Menem dans les années 1990,
ce qui lui valut être victime d’un attentat. Élu
député en 2009, il continue de défendre des
idées de gauche.
SOMOZA:
dynastie de dictateurs au Nicaragua, fondée par Anastasio
qui se hissa au pouvoir grâce à l'appui des
Américains et qui gouverna entre 1937 et 1956, lorsqu'il fut
assassiné. Ses fils lui succédèrent: d’abord Luis
entre 1956-1963, puis Anastasio jr. (“Tacho”) à partir de 1967.
Ce dernier, chassé du pouvoir par la révolution
sandiniste en 1979, fut tué au Paraguay en 1980 par un
commando guérillero.
STORNI,
Alfonsina (1892-1938) Née en Suisse, elle passa le gros sa
vie en Argentine où elle devint une poétesse très
connue. Elle participa aussi à la fondation d'un parti
féminin en 1919. Atteinte d'une maladie incurable, elle s'enleva
la vie.
STROESSNER,
Alfredo (1912-2006) Militaire paraguayen, qui prit le pouvoir au
moyen d'un coup d'État en 1954 et exerça une longue
dictature pendant 35 ans. Réélu grâce à des
scrutins sur mesure, il fut contraint à un exil doré (au
Brésil) en 1989, où il décéda sans jamais
avoir été jugé pour ses actions répressives.
SUCRE,
Antonio José de (1795-1830)
Vénézuélien, l'un des principaux
généraux de l'armée de Bolívar, vainqueur entre
autres de la bataille d'Ayacucho. Mort assassiné.
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T-
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TANGO:
devenu la danse nationale de l'Argentine, très populaire
aussi dans d'autres pays, il a le même statut (celui de marqueur
identitaire) qu’a la SAMBA au Brésil, le DANZÓN à
Cuba, le MERENGUE en République dominicaine, etc.
TENOCHTITLÁN:
ville fondée par les Aztèques en 1325, qui
devint plus tard la capitale de leur empire. Au moment de
l’arrivée de Cortés,
elle abritait environ 100 000 personnes. Sur ses ruines, les Espagnols
fondèrent Mexico.
TEOTIHUACÁN:
nom d’un site archéologique situé just au nord de Mexico
actuel, centre d’une importante civilisation qui exista avant l’empire
aztèque, et dont l’apogée se situe entre 300 et 650. On
calcule que environ 50 000 personnes ont peut-être vécu
dans la ville, abandonnée pour des raisons que l’on ignore.
TIAWANAKU
(ou TIAHUANACO) culture précolombienne qui fleurit dans le
premier millénaire, dont le centre se trouvait près du
lac Titicaca, en Bolivie actuelle. Elle rayonna vers le Chili et le
nord de l’Argentine, pour ensuite disparaître pour des raisons
inconnues.
TIRADENTES,
Joaquim José Silva XAVIER (1746-1792) Officier de la milice
au Brésil et dentiste, l'un des dirigeants d'une conspiration
contre le gouvernement portugais qui avait pour but de protester contre
la hausse des impôts. Découvert et condamné
à mort. On le considère comme l'initiateur de la future
indépendance du pays.
TIROFIJO
(surnom de Pedro Antonio Marín, connu aussi comme Manuel
Marulanda, 1930-2008) Fils d’une
famille de petits propriétaires ruraux colombiens, il participa
comme libéral dès 1948 à la violencia. Il eut par la suite des
contacts avec le parti communiste, puis fonda en 1964 les FARC (Forces
armées de libération de la Colombie), dont il fut l'un
des principaux dirigeants.
TOLEDO,
Francisco Alvarez de (1515-1584) Vice-roi du Pérou entre
1569 et 1581, auteur d'une importante législation pour
réglementer le travail des indigènes (mita) et
regrouper les populations indigènes.
TORRES,
Camilo (1929-1966) Prêtre colombien aux idées
socialistes, il rejoignit la guérilla et mourut au combat peu de
temps après. Devenu le héros des chrétiens de
gauche.
TORRIJOS,
Omar (1928-1981) Militaire nationaliste panaméen qui œuvra
à négocier un traité avec les États-Unis en
1977 afin de récupérer à terme la
propriété et la gestion du canal. Mort dans un accident
d'hélicoptère mystérieux.
TRAITÉ DE MADRID
(1750) Accord entre l'Espagne et le Portugal, qui apportait la
reconnaissance formelle
à l'expansion portugaise au Brésil au-delà des
limites fixées par le Traité de Tordesillas de 1494. Le
Portugal
se vit reconnaître le droit d'occuper une grande partie de l'Amazonie et des territorires des missions des
jésuites en Uruguay. L'Espagne obtint la suprématie dans
le Rio de la Plata, le Portugal
ayant abandonné le poste commercial de Sacramento, centre de la
contrebande vers Buenos Aires.
TRIBUTARIO:
personne soumise au paiement du tribut, une redevance annuelle
versée à un seigneur (encomendero) ou au Roi.
L’assiette fiscale était définie par ménage et
supposait l’accès à une terre inaliénable au sein
d’une communauté.
TRIPLE
ALLIANCE, guerre de la: conflit armé qui opposa le Paraguay
contre l’Argentine, le Brésil et l’Uruguay, entre 1865 et 1870.
La guerre se termina avec la défaite du Paraguay, qui y perdit
plus de la moitié de sa population, surtout les hommes, et une
partie importante de son territoire.
TRUJILLO,
Rafael Leonidas (1891-1961) Tout comme Somoza au Nicaragua, il prit le
pouvoir grâce à sa participation dans les forces
armées créées lors de l'occupation de la
République dominicaine par les marines US. Dictateur
mégalomane et corrompu entre 1930 et 1961. Mort dans un attentat
favorisé par la CIA.
TUPAC
AMARU (José Gabriel CONDORCANQUI, 1742-1781) Cacique de la
région sud dans le Pérou colonial. En 1780, il prit la
tête d'une rébellion indigène pour protester contre
les abus de l'administration espagnole. Vaincu, il fut
exécuté après un an de combats.
TUPAMAROS:
nom adopté par un mouvement de guérilla en Uruguay,
en hommage à Tupac Amaru. Il connut ses
meilleurs moments à la fin des années 1960 et au
début des années 1970, puis entra dans une phase de
déclin à partir du coup militaire de 1973 et finit par
disparaître.
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U-
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ULLOA,
Antonio de (1716-1795) Officier espagnol, gouverneur de la
région minière de Huancavelica. Il participa avec Jorge Juan à
une importante exploration scientifique.
UNIDAD
POPULAR (Unité populaire) Alliance politique composée
de six partis (socialiste, communiste, radical, MAPU, Gauche
chrétienne et Action populaire indépendante) qui porta au
pouvoir S. Allende
au Chili en 1970.
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V-
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VARELA,
Félix (1788-1853) Ecclésiastique et intellectuel
révolutionnaire cubain, député constitutionnaliste
en Espagne, auteur d’un projet d’autonomie pour Cuba. Condamné
à mort par la monarchie, il dut s’exiler aux États-Unis.
VARGAS,
Getulio (1883-1954) Politicien issu du Rio Grande do Sul, il
gouverna le Brésil à deux reprises, d'abord entre
1930-1945, puis entre 1950-1954, parfois avec des méthodes
dictatoriales, mais avec un certain appui populaire. Il donna aussi un
appui décisif à l'industrialisation de son pays. Son
style politique a fait qu'il a été comparé
à Perón.
Il se suicida en 1954.
VARGAS
Llosa, Mario (né en 1936) Romancier péruvien
mondialement connu, auteur entre autres de La ville et les chiens.
Il s'est aussi engagé en politique, où il a connu une
évolution vers la droite: d'abord un défenseur de
la révolution cubaine, il est devenu un critique de Castro et du
sandinisme. Candidat malheureux de la droite aux élections
péruviennes de 1990 gagnées par l’ingénieur
Alberto Fujimori.
Il obtint le Prix Nobel de littérature en 2010
VASCONCELOS,
José (1882-1959) Philosophe et homme politique mexicain, il
participa à la révolution contre Díaz. Ministre
d'éducation dans les années 1920, il dirigea une vaste
campagne d'alphabétisation. Dans ses écrits, il prit la
défense du métissage qui avait apporté, selon lui,
une nouvelle culture à l'humanité.
VAUDOU:
religion populaire d'Haïti, composée
d'éléments catholiques et africains. Dans ce culte, on
attribue une grande importance aux esprits (loas), dont les
caractéristiques reprennent des traits de saints catholiques.
VECINO:
chef de ménage (espagnol) ayant des droits dans une
municipalité à l’époque coloniale.
Équivalent de bourgeois dans l’Europe médiévale.
VELASCO
Alvarado, Juan (1910-1979) Militaire péruvien d'origine
modeste, il prit le pouvoir à la suite à d'un coup
d'État sans effusion de sang en 1968. Il dirigea un gouvernement
avec des orientations nationalistes et réformistes
(nationalisation du pétrole, des journaux, réforme
agraire). En 1975, il fut écarté du pouvoir par des
militaires conservateurs.
VELÁSQUEZ,
Fidel (1900-1997): syndicaliste mexicain, qui dirigea pendant plus
de quarante ans la Centrale des travailleurs de son pays, en agissant
de concert avec le gouvernement du PRI. Son nom a souvent
été cité comme le cas le plus connu de
collaboration entre le pouvoir et le mouvement social au Mexique.
VIDELA,
Jorge Rafael (né en 1925) Militaire argentin, auteur du coup
d’état de mars 1976, qui prit le pouvoir en renversant le
gouvernement d’Isabel, la veuve de Perón, et qui dirigea
pendant cinq ans la dictature, l’une des plus sanglantes de l’histoire
latino-américaine. En 1980 il fut remplacé au pouvoir par
le général Viola. Après la dictature, il fut
jugé, trouvé coupable de crimes contre les droits de
l’homme et condamné à la prison, avec d’autres hauts
gradés. Après cinq ans, il bénéficia d’une
amnistie, mais a été par la suite accusé pour
d’autres délits, tels l’enlèvement d’enfants, qui ne sont
pas couverts par cette loi.
VIEIRA,
Antonio (1608-1697) Jésuite portugais, il séjourna
plusieurs fois au Brésil où il réclama un
traitement plus juste pour les indigènes. Il s'opposa aussi
à l'Inquisition et demanda des droits civiques pour les Juifs.
VILLA,
Pancho ou Francisco (Doroteo ARANGO, 1877-1923) Peón illettré du
nord du Mexique, il se hissa au rang de chef militaire de la
célèbre "Division du Nord" lors de la révolution
commencée en 1910. Il appuya au début le mouvement de Madero, mais
à la mort de celui-ci, il continua le combat en poursuivant ses
propres objectifs. Assassiné après qu'il eut
abandonné la lutte militaire.
VILLA-LOBOS,
Heitor (1887-1959): compositeur brésilien, auteur des Bachianas
brasileiras, synthèse entre la musique classique occidentale
et la musique indigène de on pays.
VIOLENCIA:
nom donné en Colombie à la guerre civile qui sévit
entre 1948 et 1957, entre les libéraux et les conservateurs, et
qui provoqua plus de 100 000 victimes.
VISITADOR:
inspection-surprise effectuée par un haut fonctionnaire sur la
conduite d’un bureaucrate à la suite de plaintes. Moyen de
contrôle exercé par la monarchie sur sa fonction publique.
La RESIDENCIA désignait l’inspection normale d’une gestion
effectuée par le nouveau titulaire d’un poste.
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W-
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WALKER,
William (1824-1860) Aventurier américain, parti au
Nicaragua avec un groupe d'hommes armés avec qui il participa
à la guerre civile à l'invitation des Libéraux. Il
se proclama président en 1856, fit de l'anglais la langue
officielle et réinstaura l'esclavage. Chassé du pouvoir
par une coalition de conservateurs centre-américains, il
échoua à le reprendre et mourut devant le peloton
d'exécution en 1860.
WHEELWRIGHT,
William (1808-1873) Entrepreneur étatsunien, bâtisseur
de chemins de fer en Argentine et au Chili et fondateur de la "Pacific
Steam Navigation Company", premier service de navigation à
vapeur entre le Pérou et le Chili.
WILLIAMS,
Eric (1911-1981) Historien et homme politique de Trinidad-Tobago,
premier chef d'État de ce pays lors de son accession à
l'indépendance en 1962. Malgré sa vision critique du
colonialisme anglais, il demeura un allié des États-Unis
et refusa de reconnaître le régime du New Jewel Movement de Grenade en
1979.
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X-
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Y-
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YARUR,
Juan (1896-1954) Industriel d'origine palestinienne, arrivé
d'abord en Bolivie, puis immigrant au Chili en 1932, où il fonda
la plus grosse entreprise textile du pays. La compagnie fut
nationalisée par le gouvernement Allende en 1971.
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Z-
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ZACATECAS:
région minière au centre du Mexique, le plus important
centre de production d’argent dans l’empire colonial espagnol
après celui de Potosí
ZAMBO:
le fils d'un mulâtre et d'une indienne (aussi MORISCO).
ZAPATA,
Emiliano (1879-1919) Paysan-muletier d'une communauté
indigène de l'état de Morelos dans le centre du Mexique,
il devint le leader de son peuple pendant la révolution. Il
incarnait la lutte pour la récupération des terres
enlevées aux communautés. Il ne put s'entendre avec Villa, même
s'ils partageaient plusieurs objectifs communs. Assassiné par
les forces du gouvernement.
ZEA,
Leopoldo (1912-2004 ) philosophe mexicain, l’un des intellectuels
les plus influents en Amérique latine dans sa discipline.
ZLÉA: acronyme pour la Zone
de libre-échange des Amériques, projet lancé par
les États-Unis en 1990, qui fut très discuté et
qui fit l'objet de plusieurs sommets de tous les pays de la
région (sauf Cuba), à Miami (1994), Santiago (1998) et
Québec (2001). Il fut abandonné en 2005, suite à
l'opposition du Brésil et de l'Argentine |
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